La Ville de Charleroi multiplie les initiatives pour que la population des différents quartiers se côtoie et se parle. Des contacts se créent déjà à l’occasion de la Fête des voisins ou lors des concours de façades fleuries. Depuis plusieurs années, les jardins partagés voient également le jour aux quatre coins de la ville.

Il y a un an, Espace Environnement a mis en place le réseau Jaquady, pour "jardins des quartiers dynamiques". "L’initiative a été lancée par la Ville et l’échevinat des quartiers, de la participation citoyenne et du civisme", explique Delphine Fontenoy, chargée de mission à Espace Environnement. "Nous avons proposé de créer un réseau entre les projets déjà existants. Aujourd’hui, onze initiatives ont été lancées."

Grâce à ce réseau, les acteurs ont l’occasion de se rencontrer, d’échanger leurs expériences, de se donner des conseils. Ils savent également vers quels services se tourner pour développer leurs projets et assurer une bonne gestion du jardin.

Ce soutien d’Espace Environnement a, par exemple, fortement aidé Gianfranco Faieta, coanimateur du jardin communautaire coopératif de la Rochelle à Roux. "Notre ASBL est un espace de développement communautaire ouvert à tout le monde. Notre jardin s’étend sur un terrain de plus de 70 hectares, mis à notre disposition par la paroisse pour un euro symbolique."

L’idée de lancer ce projet s’est développée lors d’un voyage au Brésil. "Là-bas, les gens pauvres ont un sens de la terre très important. Il y a un véritable combat pour avoir un lopin de terre. Nous avons ensuite visité des jardins partagés en France et en Belgique."

Depuis quatre ans, les bénévoles se réunissent tous les mois. "L’important est de permettre à chacun de participer. Aujourd’hui, notre jardin compte un potager de production dont les fruits et légumes sont vendus ainsi qu’un jardin biologique. Celui qui le désire peut également cultiver une parcelle individuelle."

De nombreux autres aménagements sont programmés à l’avenir. "Nous allons créer un verger regroupant une centaine de plantations. Un partenariat pourrait être mis en place avec les écoles du coin pour développer un aspect plus didactique. Nous allons mettre en place une mare et aménager une partie du terrain pour le sport et les loisirs."

Le Ravel jouxte le jardin communautaire. Les gestionnaires pensent à organiser des balades nature qui passeraient par le terrain. "Nous sommes aussi ouverts au monde de l’apiculture et de la tonte naturelle."

Le public visé par cette initiative est précarisé. Il y a donc un véritable projet social. "En s’occupant du jardin, chacun peut apprendre des choses. Cela se passe dans un cadre convivial. Les personnes décident de faire quelque chose ensemble. Cela leur permet de s’intégrer, de prendre confiance en elle. On les sensibilise aux bienfaits des fruits et des légumes."