Ce n’était pas une surprise, la situation commerciale des centres-villes en Wallonie ne cesse de se détériorer. Le constat est là et force est de remarquer que la chute libre des commerces en hypercentre n’est pas près de s’arrêter. Jeudi matin, l’association du management de centre-ville (AMCV) a présenté les résultats de son étude sur la situation commerciale des centres-villes wallons. Et la situation est loin d’être au beau fixe.

En quelques chiffres sur l’ensemble des centres-villes wallons, selon l’AMCV, en deux ans, on est passé de 10 558 cellules potentiellement commerciales à 9 668. Le taux de cellules vides s’est intensifié et les flux de piétons ont diminué.

Redéfinir le périmètre

Pour mener cette analyse, il a même fallu redéfinir le périmètre réellement commercial des centres-villes, c’est-à-dire en supprimant les zones où le logement a remplacé le commerce.

Selon l’AMCV, ce sont les développements des pôles commerciaux en périphérie qui sont les principaux responsables de cette tendance à la baisse dans les centres-villes. Il faut écrire que Mons est d’ailleurs bien lotie en la matière.

Parmi les "mauvais élèves", le centre de Mons n’est donc pas épargné par l’érosion du flux de piétons. L’analyse s’est donc basée sur les deux artères commerciales montoises, à savoir la Grand’Rue piétonne et la rue de la Chaussée. "Entre juillet 2013 et juillet 2015, on est passé de 10 % à 23 % de part de cellules vides. A l’inverse des autres villes, on constate qu’il y a encore plus de cellules vides dans la rue piétonne que dans le reste du centre-ville ! C’est plus fort, plus rapide que partout ailleurs. La densité commerciale dans le piétonnier se réduit aussi ", explique Jean-Luc Calonger, le président de l’AMCV.

Jouer un rôle favorable

Or, la densité commerciale devrait s’élever avec la réduction des périmètres. "Les centres-villes se réduisent en surface, ce qui aurait pu jouer un rôle favorable sur la densité mais il n’en est rien. C’est même très inquiétant parce qu’on se rend compte que des rues entières ont été réduites à tel point qu’il n’existe parfois plus d’artère commerciale forte. Ces anciens commerces sont alors transformés en lieu d’habitat."

Lorsque les commerces se transformeront en logement, le centre-ville commercial n’existera plus. "C’est quasiment mission impossible de revenir en arrière", précise Jean-Luc Calonger. "Ou alors il faudrait un réinvestissement majeur dans des rues complètes par les pouvoirs publics et les promoteurs privés."