Hainaut

C’est une première en Wallonie picarde : dès le mois de janvier, toutes les écoles maternelles de Péruwelz accueilleront dans leurs classes un drôle de petit animal créé par l’Université de Mons, qui aura pour ambitieuse mission de réduire les inégalités de langage entre les enfants. Polo le lapin, cet amusant petit personnage, se glissera dans leurs cartables, sur des fiches d’exercices didactiques, et les accompagnera chez eux pour les inciter à étoffer leur vocabulaire tout en s’amusant. " À l’entrée en école primaire, certains enfants possèdent 1 500 mots à leur actif alors que d’autres atteignent péniblement les 600. Et cet écart provoque des inégalités dès le début de la scolarité ", confie Bruno Humbeeck, qui est à la fois travailleur psychosocial auprès de la cellule d’éducation familiale du Galion (CPAS) de Péruwelz et collaborateur scientifique au Ceris, à l’Université de Mons-Hainaut. " Notre objectif, en intégrant Polo le lapin dans toutes les familles péruwelziennes, est de réduire ces inégalités en apportant à tous les parents, sans distinction de niveaux d’instruction, un coup de pouce qui devrait être à la fois efficace, simple et gratuit."

Ce programme de stimulation du langage vise aussi à chasser de la tête de certains parents l’idée que l’école maternelle ne sert pas à grand-chose et à développer la communication entre les instituteurs et les parents, qui jouent tous un rôle important dans l’éducation de l’enfant. " Si les familles bénéficiaires de l’aide sociale ont été sensibilisées au projet en priorité, nous comptons, dès janvier, travailler de la même manière avec tous les parents ", confient Caroline Gras et Géraldine Malice, de la Maison de la parentalité de Péruwelz. " L’idée est de faire de ces apprentissages du vocabulaire un moment d’amusement. En plaçant, par exemple, l’enfant à un endroit bien précis et en l’invitant à nommer les objets qui l’entourent."

Les parents et enseignants recevront une quinzaine de fascicules, reprenant chacun trois à cinq activités de plus en plus poussées, tout au long de l’année.

L’utilité de Polo le lapin sera évaluée au fil des mois par l’Université de Mons, comme c’est déjà le cas à Charleroi, la seule autre ville hennuyère à tester ce nouveau concept.