De nouvelles perquisitions ont été effectuées jeudi dans le cadre d'un dossier lié à une organisation criminelle responsable d'un vaste trafic de voitures volées. L'information de L'Echo est confirmée vendredi à Belga par Eric Van Duyse, porte-parole du parquet fédéral. "Des perquisitions ont été réalisées dans la région de Charleroi, aboutissant à l'inculpation d'une personne responsable d'une agence bancaire Crefius", a-t-il déclaré. "Il s'agit d'une banque qui commercialise des emprunts mais c'est la banque Belfius qui apporte les fonds". Selon L'Echo, Belfius a porté plainte. Les perquisitions menées jeudi s'inscrivaient dans le cadre d'un dossier périphérique à un autre dossier, relatif à des escroqueries dans le milieu des gens du voyage autour de la revente de voitures volées. L'enquête dans ce dossier secondaire s'intéresse aux "facilitateurs" des escroqueries. Elle a déjà abouti il y a quelques semaines à l'interpellation de policiers, d'un notaire et d'une personne travaillant au service de l'Immatriculation des Véhicules (DIV).

C'est plus précisément l'aspect bancaire de l'enquête qui était concerné jeudi.

"Les personnes suspectées d'avoir appartenu à l'organisation criminelle qui a commis les escroqueries n'avaient pas de revenus officiels et ne pouvaient donc pas obtenir de prêts auprès des banques. Ce qui veut dire que des faux ont pu être produits pour l'obtention de prêts", a expliqué le porte-parole du parquet fédéral.

"Par ailleurs, il a pu être constaté que les remboursements de crédits étaient opérés grâce à de l'argent versé en liquide directement sur les comptes bancaires, autrement dit une forme de blanchiment", a-t-il précisé.

L'Echo annonce vendredi qu'une autre perquisition a été menée lundi chez un garagiste en Flandre, aboutissant à la saisie d'une somme de 375.000 euros en cash. Le garagiste, soupçonné de traiter les balises des voitures volées, a été inculpé de participation à une organisation criminelle et libéré sous conditions.

En octobre dernier, une vaste action policière visant à démanteler un gigantesque trafic de voitures volées, derrière lequel se cache une organisation criminelle dont feraient partie des gens du voyage mais aussi des policiers, a été lancée.

Une trentaine de personnes ont jusqu'à présent été inculpées, notamment à la suite de très nombreuses perquisitions le 7 mai dernier.

L'enquête porte sur des escroqueries à l'achat de véhicules via Internet. De prétendus acheteurs répondaient à une annonce d'un particulier souhaitant vendre sa voiture. Un faux virement était ensuite effectué devant le vendeur, à qui était montrée sur un téléphone ou une tablette une fausse confirmation d'envoi de virement bancaire. Puis le véhicule acheté était rapidement exporté vers l'étranger.