C'est dans le magnifique cadre du château de Louvignies que se sont réunis les quatre chefs de groupes politiques de Soignies ce jeudi. Un lieu chargé d'histoire mais aussi de symbolique puisque le projet de Boucle du Hainaut risque de passer à seulement quelques dizaines de mètres de l'enceinte de ce pan du patrimoine sonégien. "Si le projet aboutit, nous verrons un pylône passer juste là derrière, au bout du parc", signale Fabienne Winckel (PS).

La bourgmestre s'est rangée aux côtés de Marc Verslype (MR), François Desquesnes (Ensemble) et Benoit Leclercq (Ecolo) dans une union sacrée historique contre le projet de ligne à haute tension porté par Elia. "Ce rassemblement entre les quatre groupes est exceptionnel", assure François Desquesnes. "Si nous faisons cela, c'est parce que nous souhaitons envoyer un signal extrêmement fort à Elia mais aussi à tous nos concitoyens. En tant qu'élus locaux, nous tenons à défendre l'unicité de notre territoire. Or, ce projet vient fondamentalement lui porter atteinte s'il devait se réaliser."

Le quatuor s'oppose au projet parce qu'il n'est pas en adéquation avec la préservation du territoire sonégien, la protection de la santé humaine, des activités agricoles et de l'environnement. Mais aussi pour les méthodes utilisées par Elia. "C'est la première fois à Soignies qu'un projet tente de passer en force de cette manière. Habituellement, il y a des concertations et des dialogues. Mais dans ce cas-ci, nous avons émis des craintes et des questions mais nous n'avons jamais été écoutés", estime Fabienne Winckel. 

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"Nous déplorons l'attitude d'Elia, leur manque de transparence et de dialogue", ajoute Benoit Leclerq. "Nous sommes face à un vrai déficit démocratique. L'étape de la consultation des communes n'a clairement pas été correctement réalisée. Lors de leur dialogue avec les communes il y a quelques semaines, ils ont joué à visage caché. Nous nous sommes sentis vraiment lésés."

Selon les quatre entités politiques, une étude indépendante démontrant l'intérêt du projet est indispensable. "Il n'y a eu aucun débat sur la nécessité d'un tel projet. Nous demandons donc que le projet soit abandonné et que des alternatives puissent être étudiées, notamment l'utilisation de lignes déjà existantes ou l'enfouissement", lance Fabienne Winckel.

"Mais nous ne voulons pas rejeter le problème ailleurs", insiste Marc Verslype pour le MR. "Il ne faut pas que cela se passe sur une autre commune. Nous appelons nos instances supérieures, qu'elles soient PS, MR ou Ecolo à la Région wallonne, de partager notre argumentation. Il ne faut pas qu'on se laisse écraser par un projet qui va laisser une cicatrice profonde dans nos campagnes."

Alors qu'un tract toutes-boîtes sera prochainement envoyé par les quatre élus, un appel aux citoyens est d'ores et déjà lancé. "Nous voulons que chacun se mobilise en répondant à l'enquête publique qui va bientôt débuter", demande la bourgmestre.

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