Vitalie Cuif. L’Histoire ne retiendra peut-être pas ce nom. Quoique L’auteur belge Françoise Lalande lui a consacré une pièce de théâtre, "Mother". Pièce qui sera créée - avec cette fois Marie-Claire Clausse pour seule actrice en scène, sous le titre "V. Rimbaud", par le Centre dramatique d’Arlon, ces 17, 18, 19 et 20 février, à la Maison de la culture d’Arlon,

C’est que Vitalie Cuif n’est pas une anonyme madame-tout-le-monde. Elle n’est autre que l’épouse du capitaine Rimbaud et, surtout, la maman d’Arthur Rimbaud, dont on commémore le 120è anniversaire du décès.

Par cette pièce, Françoise Lalande apporte un éclairage particulier sur la destinée extraordinaire d’un des plus grands poètes du 19è siècle, à partir de l’évocation bouleversante de la vie de sa mère, Vitalie Cuif.

Une vie bouleversante, en effet, lorsqu’on sait que la maman du poète est née en 1825 à Roche, hameau perdu dans la campagne au sud de Charleville, et que son histoire va croiser bien des mutations historiques : de Louis-Philippe à la Commune, en passant par la Deuxième république et le second Empire. Elle verra naître, aussi, le chemin de fer, l’électricité, l’industrialisation, l’aviation, l’automobile, l’empire colonial français

Fille de "gros fermiers", Vitalie Cuif sera mère de quatre enfants, rapidement délaissée par un mari militaire qui servait en Algérie, connaissait l’arabe et avait traduit le Coran. Surtout, elle avait un caractère troublant : attachée aux valeurs du passé, monarchiste, elle élève ses enfants avec rigueur et bigoterie, manifestant un caractère "aussi inflexible que soixante-treize administrations à casquette de plomb". Certains disaient d’elle qu’elle était "marâtre, froide et bornée comme une paysanne". Les temps n’ont pas changé : ses rapports avec Arthur, lors de son adolescence, sont à tout le moins orageux. La suite les rapprochera et les rendra attentifs l’un à l’autre, mais Vitalie souffrira toujours de l’évolution de son fils, poète, homosexuel et explorateur. Vitalie Cuif s’est éteinte en 1907, seize ans après avoir enterré son fils poète.

Quant à Marie-Claire Clausse, mise en scène par Jacques Herbet dans une scénographie de Daniel Godard, elle clôt, avec ce portrait de "la Mère Rimb", une trilogie qui l’a menée à vivre les parcours de femme de Louise Michel, dans "Debout les damnées de la terre", et Maria Linssen, dans "La femme du poète".

Infos et réservation : Maison de la culture d’Arlon. Internet : www.maison-culture-arlon.be. Mail : info@maison-culture-arlon.be. Tél. : 063 24 58 50