La deuxième édition de l’opération Art au centre débute ce jeudi 6 février.

La première édition de ce "parcours d’artistes" fut un succès… alors pourquoi ne pas recommencer ? À Liège comme ailleurs en effet, les vitrines vides d’anciens commerces ne sont pas rares et, dans certaines rues (ou galeries), leur présence abondante favorise assurément à ternir l’image de la cité.

Alors pourquoi ne pas les embellir ? Et pourquoi pas avec de l’art ? C’est l’objectif de l’opération "Art au centre", qui débute ce jeudi 6 février (jusqu’au 30 avril), pour sa deuxième édition. Le concept est simple : il s’agit de revitaliser les cellules commerciales par l’art en installant dans celles inoccupées des œuvres d’artistes contemporains belges et étrangers. "Et de cette manière, changer la perception d’un bâtiment vide sous l’angle positif", explique Stephan Uhoda, président de l’ASBL liège centre, à la manœuvre.

Démocratiser l’art contemporain

Le "travail" est réalisé par l’ASBL "Mouvement sans titre" représentée par Maxime Moinet qui s’est fixé comme objectif "la promotion des artistes contemporains" mais aussi "l’intégration d’œuvres d’art dans l’espace public". "Ici donc, nous raccourcissons le chemin entre l’art, l’œuvre et le visiteur". Non sans démocratiser l’art contemporain tout en promouvant des artistes plasticiens.

Sur le territoire de la ville de Liège, on compte plus de 1 000 cellules commerciales vides sur plus de 5 000 commerces au total (lire ci-dessous). Certes, toutes ne sont pas situées dans l’hypercentre mais celles qui s’y trouvent gagnent clairement à être "investies". Le temps d’une exposition… La démarche prolonge d’autres campagnes lancées par la Ville rappelait ce mercredi Jean-Pierre Hupkens, échevin de la Culture, évoquant Paliss’art qui se traduit par la réalisation de grandes fresques murales masquant, par l’art, les trop nombreux et tristes murs aveugles d’une ville.

En 2019 déjà, 21 vitrines furent investies par 23 artistes d’art contemporain… et au total, plus d’un million de personnes sont passées devant les vitrines. Un public "indirect" bien sûr mais qui a aussi pu être en contact avec les 20 000 flyers distribués, les 1 400 affiches diffusées en ville et les 13 500 livrets explicatifs distribués.

Du 6 février au 30 avril 2020, 22 artistes investiront donc autant de vitrines, de Féronstrée à la rue Saint-Paul en passant par la place Saint-Lambert, les rues Léopold, Cathédrale et Régence… entre autres. La moitié des artistes sont liégeois mais d’autres sont originaires d’Autriche, d’Allemagne ou encore des Pays-Bas.

Cette année également, ce sont deux autres parcours du genre qui seront proposés dans le centre de Liège. Informations complètes sur le site de l’opération : www.artaucentre.be.

"Montrer le potentiel de ces cellules vides"

À Liège, on comptait fin 2019 1 009 cellules vides ; l’opération est bénéfique pour elles.

Ce n’est pas nouveau, à Liège comme dans d’autres grandes villes, le nombre de cellules vides est toujours pointé du doigt. Car une cellule commerciale vide est sans doute une cellule de trop. Mais comme le rappelait aussi Jean-Pierre Hupkens, échevin du Tourisme, "Liège a aussi le centre commerçant le plus important de Wallonie". Refusant de parler de "déclin", Élisabeth Fraipont a profité de cette action, aussi tournée vers la redynamisation commerciale, pour avancer quelques chiffres…

"On entend dire beaucoup de choses sur les cellules vides alors j’ai souhaité apporter quelques données pour avoir une vision sur les dix dernières années, de 2009 à 2019", explique l’échevine du Commerce. "En 2010, nous avons atteint un maximum avec 1 221 cellules vides sur le territoire de la ville. En 2013, nous avons atteint le minimum avec 873 cellules vides et, fin 2019, il y a eu une légère remontée, à 1 009 cellules vides".

Des chiffres qui impressionnent bien sûr mais Élisabeth Fraipont souhaite aussi les mettre "en perspective". "Il faut aussi considérer que sur le territoire, on compte 4 632 commerces en activité".

En outre, toutes ces cellules ne se trouvent pas dans le centre commerçant. "Parfois, certaines peuvent ou doivent être transformées en logement".

Pas de panique dès lors même si l’échevine se dit heureuse de l’opération Art au centre, "car nous savons clairement que l’occupation d’une cellule vide permet aussi de montrer le potentiel de cette surface. Qui plus est, cela attire le regard et les passants. Suite à la première édition d’Art au centre, je précise d’ailleurs que deux cellules ont trouvé acquéreur".

À noter que chaque vitrine qui "participe" à l’opération présente des informations relatives au propriétaire. Car l’objectif à terme est bien de redynamiser la cellule, avec un commerce.