Un torrent d'eau pas si inattendu

La phase 1 du plan catastrophe a été déclenchée mercredi à Cheratte. A 19h, la rue de Visé a été envahie par les eaux. Il ne s'agit pas d'une inondation classique: c'est d'une galerie du charbonnage du Hasard qu'est venu le torrent. Sous la poussée des eaux accumulées dans le sol, le mur fermant l'accès à la mine a cédé.

S.L.

La phase 1 du plan catastrophe a été déclenchée mercredi à Cheratte. A 19h, la rue de Visé a été envahie par les eaux. Il ne s'agit pas d'une inondation classique: c'est d'une galerie du charbonnage du Hasard qu'est venu le torrent. Sous la poussée des eaux accumulées dans le sol, le mur fermant l'accès à la mine a cédé. De nombreuses maisons ont été inondées. Les pompiers, la protection civile et les services de la zone de police Basse-Meuse étaient sur place.

Ils ont fait appel à l'AIDE (Association intercommunale pour le démergement et l'épuration des communes de la province de Liège). La station de pompage fonctionnait déjà à haut rendement (trois pompes). Nous avons fait enlever les taques d'égout afin de faciliter l'évacuation de l'eau vers la station, indique Roland De Schryver, directeur du démergement. A 1h du matin, la situation était maîtrisée.

Quinze familles ont rentré un dossier sinistre jeudi. La Région va, elle, contacter le concessionnaire du charbonnage pour qu'il assume ses responsabilités civiles, indique-t-on au cabinet du ministre Foret. En attendant, il existe un risque d'éboulement.

Cette spectaculaire poussée des eaux était prévisible, selon l'AIDE. L'intercommunale a tiré la sonnette d'alarme à de nombreuses reprises auprès de la Région wallonne à ce sujet. L'activité minière a provoqué un accroissement de l'infiltration et un rabattement de la nappe. Et lors de la fermeture des charbonnages, le pompage des eaux a été stoppé et beaucoup de veines n'ont pas été remblayées. Derrière les éboulements ou les murs fermant les charbonnages, le niveau -donc la pression- de l'eau a continué à monter.

Ce qui est arrivé mercredi, on l'explique en cas théorique depuis des années. On a même rendu un rapport à la Région en 1999. Mais le problème n'a pas encore été pris en charge, constate Roland De Schryver, selon lequel il faudrait analyser finement les anciens charbonnages. Lueur d'espoir mais tardive: la Région a décidé en novembre 2001 d'octroyer une subvention à l'Issep pour réaliser une étude sur la montée des eaux dans les anciens charbonnages.

Ceux qui gèrent les sous-sols et les nappes doivent intervenir, insiste M. De Schryver. D'autres charbonnages sont potentiellement dangereux. Le ministre Happart lui-même (chargé du démergement) admet qu 'on ne peut exclure d'autres accidents similaires.

© La Libre Belgique 2001