Quand la Vesdre se jetait dans la Meuse

F.V.V.

Désignée Orto quand son nom apparaît pour la première fois en 636 dans un des plus anciens testaments connus ayant trait à notre territoire, l'Ourthe est évoquée sous le nom d'Urta en 870, dans l'acte de partage de l'empire de Charlemagne entre ses petits-fils.

Au-delà de ces deux étymologies, c'est un autre débat que le ministre régional Michel Foret a abordé dans son allocution lors de l'inauguration de la station d'épuration des Grosses Battes. Est-ce la Vesdre qui se jette dans l'Ourthe ou est-ce l'Ourthe qui se jette dans la Vesdre à Chênée? En d'autres termes, est-ce l'Ourthe ou la Vesdre qui rejoint la Meuse à hauteur du pont de Fragnée à Liège?

Au XIIIe siècle, rappelle le ministre, c'est la Vesdre qui a l'ascendant mais les tendances s'inversent au XVIIIe. `Sous le Premier Empire, c'est le nom de l'Ourthe qui a été donné au département dont Liège était le chef-lieu.´ Au XIXe siècle, le `Guide indispensable du voyageur en Belgique´ - sans doute le `Routard´ de l'époque, souligne le ministre - précise que l'Ourthe reçoit les eaux de l'Amblève puis de la Vesdre à Chênée, et se jette dans la Meuse à Liège.

`Depuis lors, explique Michel Foret, l'Ourthe a maintenu son privilège et la réorganisation de la Région wallonne en bassins et sous-bassins hydrographiques l'a confirmé: l'île aux Corsaires, et donc la station des Grosses Battes, se trouvent dans le sous-bassin de l'Ourthe, le sous-bassin de la Vesdre s'arrêtant sous le pont de Chênée, à quelques centaines de mètres de là.´ Ces deux bassins sont évidemment dans le bassin de la Meuse.

Sur le plan étymologique, notons encore que les `Battes´ étaient des digues qui maintenaient les eaux de l'Ourthe à un étiage supérieur à son niveau naturel.

© La Libre Belgique 2002