Le Liège de jadis passe à la troisième dimension

L'Archéoforum de Liège se porte bien, merci pour lui. Ouvert en novembre dernier, il vient de dépasser le cap des 11000 visiteurs payants, «ce qui nous laisse entrevoir avec un certain optimisme l'objectif avoué des 30000 visiteurs par an» estime Séverine Montjoie, fluette mais dynamique directrice de ce temple sous-terrain des vestiges du coeur de Liège.

Le Liège de jadis passe à la troisième dimension
©DESSART
Ph. Vdb.

L'Archéoforum de Liège se porte bien, merci pour lui. Ouvert en novembre dernier, il vient de dépasser le cap des 11000 visiteurs payants, «ce qui nous laisse entrevoir avec un certain optimisme l'objectif avoué des 30000 visiteurs par an» estime Séverine Montjoie, fluette mais dynamique directrice de ce temple sous-terrain des vestiges du coeur de Liège.

«Nous ne cherchons pas vraiment la rentabilité, sinon les partenaires privés se précipiteraient depuis longtemps» souligne, un rien grinçant, Freddy Joris, directeur de l'Institut du Patrimoine wallon en charge de ces lieux culturels gérés par les pouvoirs publics. «À Liège, le montant des recettes couvre 42pc des dépenses. Ce n'est pas mal du tout et la boutique installée à l'entrée n'y est évidemment pas pour rien. Avec 60 pc, l'abbaye de Stavelot est l'exception qui confirme la règle car, en général, c'est de l'ordre de 30 à 35pc comme au Bois du Cazier, par exemple».

Il semblerait donc que le principe des visites guidées à heure fixe ne rebute pas la clientèle d'autant qu'il est apparu qu'une visite sans commentaires ne dévoilait pas le même contenu.

On a beau savoir qu'une telle fondation est mérovingienne et l'autre romaine, si on ne remet pas les choses dans leur contexte, la perception n'est plus la même pour le commun des mortels.

En attendant, l'Archéoforum va s'enrichir de deux nouvelles pièces intéressantes: une maquette de la ville au XVIIIe s. et un cycle de conférences. La première a été dévoilée lundi matin par M. Joris et le bourgmestre Willy Demeyer.

Fondue à la cire perdue, cette oeuvre finie en bronze est l'oeuvre d'Henri Francart sur base d'un plan dessiné par Christophe Maire en 1740 et avalisée par une brochette d'historiens liégeois.

Placée au centre de la salle Paul Lohest, cette maquette - une des rares qui existent en trois dimensions - servira désormais de point de départ de la visite dans un contexte urbain plus large et ne manquera pas de flatter l'oeil et de susciter l'intérêt.

Le cycle de conférences, quant à lui, entièrement gratuit, débutera le mercredi 31 mars prochain, à 20h00, par les «Néandertaliens à Liège» de l'incontournable Marcel Otte. «La place St Lambert de -7000 à - 5000», le 21 avril, «Le néolithique mosan», le 19 mai et «Schmerling, l'inventeur de la préhistoire à Liège» plongeront au coeur des racines. Les nôtres.

© La Libre Belgique 2004

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