3 QUESTIONS À GUY FONTAINE

(M.Lg.)

Pourquoi avez-vous suivi cette voie, vous qui êtes Belge?

Wallon! J'ai été baptisé catholique même si mes parents étaient peu pratiquants. J'ai découvert la liturgie au monastère de Chevetogne. Et il y a vingt ans, par une nuit de Pâques, le ciel m'est tombé sur la tête! Un «appel», comme on dit. Alors j'ai cherché, j'ai étudié, j'ai pris des contacts. J'ai fréquenté cette paroisse du Laveu et je suis devenu orthodoxe il y a environ quatorze ans. Je m'y impliquais beaucoup. J'ai été ordonné lecteur en 1998, diacre l'année suivante et prêtre, ou pope, en 2000. Depuis un an, je suis responsable de la paroisse. Un boulot à plein temps!

Comment est née cette paroisse?

Dans les années20, des Russes immigrés qui avaient fui la révolution bolchevique ont fondé l'église. Mais elle fut rasée par des bombes pendant la guerre. Celle du Laveu a donc été reconstruite, il y a 51 ans. La paroisse n'est reconnue que depuis un an.

Voyez-vous, en tant qu'orthodoxe, certains signes de «déreligion» ?

Oui, et cette situation particulière touche toutes les religions. Les enfants des fondateurs de cette paroisse ont malheureusement de moins en moins d'intérêt pour elle. Par contre, les nouveaux migrants, aux origines russophones et pourtant pas nécessairement russes, portent bel et bien l'orthodoxie dans leur culture. Elle y est ancrée, même s'ils sont athées. Parmi eux, ceux qui veulent s'investir dans la religion le font à fond. Pour ceux-là, c'est du solide!

© La Libre Belgique 2004