La juge d'instruction stigmatise... la victime

(Belga)

La cour d'assises de Liège a poursuivi mardi les auditions des témoins au procès de Salim Bahcivan, un Liégeois de 45 ans accusé de l'assassinat d'un jeune homme de 22 ans. La juge d'instruction en charge du dossier a stigmatisé le comportement de la victime.

Le 29 janvier 2001, dans un café de Saint-Nicolas à Liège, Salim Bahcivan avait abattu de trois balles Muhammed Ozdemir. Ce jeune homme de 22 ans harcelait la fille de l'accusé, âgée de 16 ans, après l'échec d'une liaison amoureuse. Salim Bahcivan s'était opposé à la relation naissante entre sa jeune fille et Muhammed Ozdemir.

Selon la juge d'instruction Simone Coelst, qui a instruit le dossier, l'accusé souhaitait s'entretenir avec Muhammed Ozdemir le jour des faits, pour tenter de mettre fin au harcèlement dont sa fille était victime. Mais à son entrée dans le café, des insultes ont fusé.

Ozdemir s'est levé et s'est retiré plus loin dans le café tandis que Bahcivan l'a suivi et a fait feu.

Quelques heures après les faits, alors qu'il était entendu par les autorités judiciaires, Bahcivan, effondré, ne parvenait pas à expliquer son geste et regrettait d'être arrivé à cette extrémité.

Le matin même des faits, la victime lui avait lancé: «Je l'aurai, ta fille!» L'accusé redoutait un enlèvement ou un viol.

La juge d'instruction Coelst relève encore que la seule ombre du dossier de Salim Bahcivan concerne l'arme du crime, dont on ignore où elle a été achetée.

D'après elle, Ozdemir, la victime, était considéré par certaines personnes comme dangereux. Plusieurs personnes le craignaient et le considéraient comme fou, drogué, immature et manquant d'équilibre. Il avait été condamné à trois reprises par le tribunal correctionnel de Liège pour des faits de vols avec violence et de drogue.

Les faits de harcèlement téléphonique de sa part ont évolué en harcèlement physique. Jusqu'à l'école où une enseignante avait dû intervenir....

© La Libre Belgique 2005