Le Chêne Madame change de mains

Si Yves Weikmann vient de reprendre le restaurant étoilé Le Chêne Madame, c'est parce qu'il est à la fois un entrepreneur boulimique de maisons de bouche à relancer et un Neuvillois fier de l'être. Orphelin depuis le décès de Jean-Luc Tilkin en 2004, le restaurant condruzien dont les parents avaient fondé l'enseigne avait été courageusement repris par ceux-ci, leurs belle-fille et petit-fils.

Patricia del Marmol

Si Yves Weikmann vient de reprendre le restaurant étoilé Le Chêne Madame, c'est parce qu'il est à la fois un entrepreneur boulimique de maisons de bouche à relancer et un Neuvillois fier de l'être.

Orphelin depuis le décès de Jean-Luc Tilkin en 2004, le restaurant condruzien dont les parents avaient fondé l'enseigne avait été courageusement repris par ceux-ci, leurs belle-fille et petit-fils. Mais la passion n'était plus au rendez-vous. C'est donc presque naturellement qu'Yves Weickmann s'est intéressé au futur du Chêne Madame. Il en est le voisin et y a presté ses premières heures de commis de cuisine. Depuis lors, il a acquis quatorze restaurants (re)connus en région liégeoise: des Mamé vi cou et Max à l'Héliport, de la Ciboulette à Flémalle au Chêne Madame, son dernier coup de foudre.

Un palmarès qui peut faire craindre que ce manager de la restauration néglige la qualité. Erreur, explique-t-il. Son métier à lui, il l'a transformé en une société, «Resto-Location», qui déniche les bons maîtres-queux auxquels il confie ses établissements en gérance. Yves Weickmann se refuse à toute uniformisation de l'art culinaire appris à l'Ecole d'hôtellerie de Liège; sa passion est d'assurer la continuité d'établissements appréciés tout en leur apportant du sang neuf.

Yves Weickmann s'octroie donc un nouveau défi. Le Chêne Madame a toujours été l'affaire des Tilkin et glane une large clientèle d'habitués. Yves et Francine Weickmann - il doit tout à son épouse dans sa prise de décision, avoue-t-il - souhaitent pourtant l'ouvrir à une catégorie de gourmets plus jeunes. Pour ce faire, la décoration intérieure va être modifiée, la terrasse aménagée et les cartes des mets et des vins plus ouvertes, avec des prix légèrement revus à la baisse. Des saveurs méditerranéennes - dont le nouveau patron est lui-même très friand - s'ajouteront à une cuisine sensiblement nouvelle sans céder à la tentation de la «nouvelle cuisine». De quoi faire peur aux fidèles de la maison et aux critiques gastronomiques! Y. Weickmann ne s'en inquiète pas trop. La très convoitée étoile décernée par le guide gastronomique Michelin, il en a hérité en reprenant le restaurant. S'il faut la remettre en jeu pour 2006, il le fera; à lui de la reprendre. Un défi supplémentaire.

© La Libre Belgique 2005