Hayen se bat contre un énième permis de lotir

Le promoteur bruxellois Jean-Marc Leveaux ne renonce pas facilement. Depuis 16 ans, toutes ses demandes de lotir le lieu-dit «Trixhe Nollet» ont été refusées. Ses différents recours et même sa requête d'annulation devant le Conseil d'Etat déboutés. Pourtant, il a introduit une énième - la quatrième pour être exact - demande de lotissement sur ce site.

Aurélie Michel

Le promoteur bruxellois Jean-Marc Leveaux ne renonce pas facilement. Depuis 16 ans, toutes ses demandes de lotir le lieu-dit «Trixhe Nollet» ont été refusées. Ses différents recours et même sa requête d'annulation devant le Conseil d'Etat déboutés. Pourtant, il a introduit une énième - la quatrième pour être exact - demande de lotissement sur ce site. Après une enquête publique, le Collège des bourgmestres et des échevins de Sprimont devrait très prochainement remettre son avis sur ce lotissement de cinq parcelles.

Si le propriétaire de ces dix hectares est tenace, les habitants des environs aussi. Depuis le début, ils se battent pour préserver ce site naturel classé. Ils ont ainsi déposé à l'administration communale une pétition de 720 signatures. «Des habitants de Sprimont et des autres communes l'ont signée. Ce qui est très bien, c'est que beaucoup de mouvements de jeunes se sont manifestés et ont tenu à organiser la récolte de signatures. Ils tiennent à ce lieu qu'ils traversent régulièrement à pied», souligne José Marquet, membre de l'asbl «Groupement de défense du site paysager du Trixhe Nollet de Hayen».

Un biotope particulier

Autre encouragement pour les défenseurs du Trixhe Nollet, la Commission consultative communale d'aménagement du territoire (CCAT) a donné un avis négatif face à la réalisation de ce lotissement. Or, celle-ci regroupe des représentants de tous les villages de la commune de Sprimont.

«Si l'asbl est le moteur de cette opposition, c'est l'ensemble de la commune qui se lève contre ce projet immobilier», soutient José Marquet. «A Sprimont, on lotit énormément. Il n'y a qu'à Hayen où une demande de lotir a été refusée. Nous ne sommes qu'une poignée dans ce village. Si on n'était pas soutenu depuis le début par d'autres habitants et des spécialistes, nous n'aurions jamais tenu le coup. Cela prouve aussi que nous ne défendons pas notre jardin mais l'intérêt général.»

Une quantité de spécialistes se sont succédé au Trixhe Nollet, ils ont établi que certaines espèces végétales rares, comme certaines renonculacées, y poussent. C'est en quelque sorte une «petite fagne aux portes de Liège». Avec, de surcroît, une mare riche en amphibiens et une grande variété de rapaces. Des traces révèlent la présence aux 17e et 18e siècles de sièges d'exploitation des minerais de fers. Avec tous ces atouts, les touristes y viennent en nombre, guidés par les sentiers de grandes randonnées GR 5 et GR-OA qui y aboutissent.

Affectation douteuse

Comment se fait-il qu'un site naturel si riche soit en zone à bâtir? C'est ce sujet qui révolte le plus le groupement de défense du site paysager du Trixhe Nollet de Hayen. Le 26 novembre 1987, Jean-Marc Leveaux acquiert pour 62500 euros cette propriété de 10 hectares. Le lendemain, comme par hasard, la Région wallonne modifie le plan de secteur par un arrêté. Les terrains agricoles de M. Leveaux passent ainsi en zone d'habitat rural. Depuis, les demandes de permis de lotir se sont succédé, tout comme les rejets.

«On sait que le lotisseur n'abandonnera pas. On l'a rencontré et il nous l'a clairement affirmé. Si sa demande est refusée, il ira encore en recours... Nous souhaitons vraiment qu'on mette fin à cette saga en remodifiant le plan de secteur», affirme José Marquet.

© La Libre Belgique 2006

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