3 QUESTIONS AU COLLECTIF MYCOSE

(M.Lg.)

Qu'entendez-vous par «bande dessinée alternative» et «fanzine» ?

Il n'existe pas de définition toute faite.

Un «fanzine», c'est un magazine produit par des amateurs de BD, de musique, de cinéma, etc. L'idée est de réaliser un petit magazine de manière non professionnelle, ce qui ne veut pas dire que c'est du bricolage mal fait! Au contraire, on recherche une qualité lors de chaque numéro et un graphiste met tout en page pour assurer la cohérence. Mycose contrôle toute la fabrication du fanzine de A à Z ce qui permet de conserver une liberté de propos, d'expérimenter de nouvelles formes et de rester personnel et sincère. Un peu à l'inverse, malheureusement, d'une partie de la bande dessinée grand public.

Travailler en groupe, cela n'est pas trop difficile?

Cela génère parfois de grosses discussions! On est amis à la base; il a donc fallu sortir du «copinage» pour oser dire à l'autre, en professionnel, qu'il devrait retravailler son dessin ou son scénario. D'autre part, quand l'un du groupe va moins bien ou est très occupé sur un projet personnel, les autres sont là pour le motiver ou lui assurer que le fanzine sortira bien dans les délais. Et puis plusieurs yeux, c'est plusieurs juges pour conserver une qualité. Notre objectif, c'est que chacun conserve son espace et son identité dans le collectif. On n'est pas fusionnels...

Sur la photo, vous avez voulu porter un masque. Pourquoi?

Pour deux raisons. D'abord, «Mycose» est un collectif et nous ne voulons pas mettre en avant une personne plutôt qu'une autre. Ensuite, et surtout, on a l'impression de faire de la «littérature pirate», qui doit se cacher pour exister. On doit presque mettre un masque pour se montrer en public puisque le statut des artistes en Belgique est extrêmement mal pensé. Il n'y a aucune structure. En termes de droits d'auteur, cela nous a déjà posé de gros problèmes. Une commission de bande dessinée s'est créée en Communauté française il y a trois ou quatre ans. Nous en attendons beaucoup pour notre statut de collectif.

© La Libre Belgique 2006