Riverains versus héliport

Un vent de panique souffle sur le petit village de Xhoris à Ferrières, depuis que les habitants ont découvert les panneaux d'enquête publique à proximité de la N86, voici 15 jours. Un héliport privé de tourisme pourrait venir s'installer à côté de la confiturerie Comel SA, route de Marche.

Sabine Lourtie

Un vent de panique souffle sur le petit village de Xhoris à Ferrières, depuis que les habitants ont découvert les panneaux d'enquête publique à proximité de la N86, voici 15 jours. Un héliport privé de tourisme pourrait venir s'installer à côté de la confiturerie Comel SA, route de Marche.

Un permis d'environnement a été déposé en ce sens le 7 mars à la commune par l'administrateur-délégué de la société en question. L'héliport permettrait à quatre types d'hélicoptères d'effectuer 32 allers-retours par semaine, week-end compris. La raison d'être du projet ? Faciliter les trajets du propriétaire entre son domicile à Grez-Doiceau (Brabant Wallon) et son entreprise à Xhoris. Par les airs, il gagnerait deux heures par jour.

Fourbir les armes

Le village de 1400 habitants n'a pas attendu pour monter au créneau. Au cours d'une réunion d'information, la semaine dernière, le comité de riverains "Xhorisons" et les villageois ont fourbi leurs armes. Leurs craintes ? Les nuisances sonores et visuelles pour plusieurs quartiers, alors que l'héliport se trouve à un jet de pierre d'une zone d'habitat à caractère rural, mais aussi la moins-value des habitations et les risques pour la sécurité (dus à un carrefour dangereux et des installations électriques). "Toutes ces nuisances pour le seul plaisir d'une personne. C'est l'intérêt d'un particulier contre l'intérêt de toute une population", s'insurge le comité Xhorisons. Les habitants suspectent aussi les intentions du privé qui introduit la demande. "Quelque chose se trame là derrière, avance Yvon Rollin (IC), conseiller d'opposition. Le dossier semble volontairement incomplet. Pense-t-il exploiter ou commercialiser cet héliport à terme ?"

"Craintes légitimes mais..."

Le principal intéressé, Bernard Verhamme, se dit "surpris" par l'ampleur de la polémique et tente de rassurer. "Cet héliport restera privé et utilisé par moi seul. Il ne s'agira que de deux à trois déplacements par semaine, en été. Les craintes sont légitimes mais disproportionnées. Il existe des centaines d'héliport de ce type en Belgique". Pas du tout convaincus, les habitants ont déposé une centaine de lettres dans le cadre de l'enquête publique, clôturée le 2 juin. "Et si nécessaire, on ira en recours". Quant à la commune, à qui revient in fine la décision, elle refuse de se positionner à ce stade. "D'ici 10 jours, le collège se penchera sur le dossier et tiendra compte des doléances de chacun", a indiqué Raymond Maréchal (UGC).