Les Serrurier-Bovy, une histoire liégeoise

Cette fois, grâce à la biennale internationale de design qui se tient à Liège jusqu'en janvier 2009, Gustave Serrurier-Bovy reçoit enfin l'hommage qu'il mérite. La première grande rétrospective à lui être consacrée se tient au MAMAC (Parc de la Boverie) jusqu'au 19 janvier 2009 sous le titre "Serrurier, auteur du futur".

PAR Lily Portugaels

Cette fois, grâce à la biennale internationale de design qui se tient à Liège jusqu'en janvier 2009, Gustave Serrurier-Bovy reçoit enfin l'hommage qu'il mérite. La première grande rétrospective à lui être consacrée se tient au MAMAC (Parc de la Boverie) jusqu'au 19 janvier 2009 sous le titre "Serrurier, auteur du futur".

Gustave-Nicolas-Joseph Serrurier est né à Liège, le 27 juillet 1858. Il est le fils aîné d'une famille de 5 enfants dont le père, Louis Serrurier, est entrepreneur de menuiserie.

Le grand-père était maître maçon et résidait à Charneux. Louis Serrurier quitte Charneux et son père, pour Liège où il se marie. En 1866, il s'installe rue des Clarisses n° 9 et reprend l'entreprise en difficulté de Jean-Joseph Bovy. Ce dernier meurt l'année suivante. Le petit Gustave qui naît en 1858, fait ses études secondaires à l'Athénée de Liège et, en même temps, il entreprend des études d'architecture à l'Académie des Beaux-Arts où son nom figure sur les registres à partir de 1873. De nombreux documents manquent dans les archives mais en 1883, il possède déjà un papier à lettres à en-tête : "Gustave Serrurier Architecte Liège".

Ses meilleurs amis sont le peintre Auguste Donnay, les frères Berchmans (Émile le peintre et Oscar le sculpteur) et surtout Armand Rassenfosse. En 1879 les affaires du père Serrurier vont très mal, on frise la ruine. En 1879, la famille quitte la rue des Clarisses pour s'installer rue du Saint-Esprit (aujourd'hui rue de Serbie), puis au 30, rue des Vingt-Deux et enfin rue des Éburons, jusqu'à la mort de Louis en 1903.

En 1884, Gustave se rend en Angleterre où il est séduit par les travaux du décorateur William Morris qui mène un renouveau dans la conception de l'Art décoratif. Morris et Liberty, qui allient art nouveau et sens commercial, auront une grande influence sur le jeune Liégeois. Gustave Serrurier considérera toujours que même les gens qui ne sont pas riches ont droit à la beauté. L'industrialisation peut rendre plus abordable le prix de certains objets. C'est chez son ami Rassenfosse que Gustave rencontre deux jeunes orphelines, ce sont les filles de Jean-Joseph Bovy dont Louis Serrurier avait racheté l'entreprise. Peu après la mort de son mari, Madame Bovy était morte laissant trois orphelins, deux filles et un fils. Les deux sœurs travaillent dans le magasin de décoration de la famille Rassenfosse. C'est Maria, née en 1851, que Gustave Serrurier épouse en 1884. Ce sera une excellente maîtresse de maison pour Gustave qui recevra beaucoup. Maria qui était une excellente vendeuse avait voulu monter un commerce comme celui des Rassenfosse. Puisque son fils veut se consacrer à son art, le père Rassenfosse va aider Maria à monter son commerce. Avec le mariage de Gustave et Maria, va naître la Maison Serrurier-Bovy dont le premier siège se trouve au 38 de la rue de l'Université.

À partir de là s'écrit la belle histoire de l'évolution de la créativité de Gustave Serrurier que l'on peut suivre en visitant l'exposition qui lui est consacrée; Gustave meurt subitement d'une crise cardiaque en 1910. Il n'a que 52 ans. Les Serrurier ont une fille qui épousera Antoine Delvoye. Leur fille, petite - fille de Gustave Serrurier, a récemment participé à une émission de radio sur l'histoire de son grand-père.

Exposition Serrurier Bovy au MAMAC - Musée d'Art Moderne et d'Art Contemporain de la Ville de Liège, parc de la Boverie, à Liège. Entrée : 8 - 5 et 3 euros (jusqu'au 18 janvier 2009). Tél. : 04.343 04 03.


Dvd "Le mystère de Notger". Jeu (2007) : il s'agit d'une enquête policière à travers le patrimoine liégeois. Prix : 25 euros. Portfolio "Liège au XIe siècle". Douze vues de synthèse, 21 cm sur 15 (Publémont, Île, Sauvenière, cathédrale romane, etc.). Prix : 30 euros. Calendrier 2009. "HistArt rêve Liège au Moyen Âge", 42 cm sur 30. Prix : 18 euros. Carte "Liège au XIe siècle". Plan cavalier, 100 cm sur 70. Prix : 6 euros. DVD "Liège au XIe siècle". Promenade virtuelle. Sortie prévue pour le mois de juin 2009. Prix : 25 euros. Vente. À l'Archéoforum, à l'Espace Wallonie, dans les librairies Agora et Charles Magnette, à la maison et à l'office du tourisme ou via le site internet www.histart.be

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