Liège, future capitale du sport ?

C’est une conseillère communale pleine d’ardeur, à savoir Christine Defraigne (MR), qui a (re) lancé il y a peu un vibrant appel à la mobilisation générale concernant un dossier qui n’est guère neuf. Ledit dossier a trait au choix du site optimal destiné à accueillir l’unique centre de formation pour sportifs de haut niveau que devra compter la Communauté française, et ce à l’horizon 2013.

Liège, future capitale du sport ?
©Devoghel
Bruno Boutsen

C’est une conseillère communale pleine d’ardeur, à savoir Christine Defraigne (MR), qui a (re) lancé il y a peu un vibrant appel à la mobilisation générale concernant un dossier qui n’est guère neuf. Ledit dossier a trait au choix du site optimal destiné à accueillir l’unique centre de formation pour sportifs de haut niveau que devra compter la Communauté française, et ce à l’horizon 2013. Un centre dont le ministre Antoine a annoncé à la fin de l’année dernière l’érection, poursuivant ainsi l’idée énoncée en son temps par Michel Daerden, mais recentrant les moyens sur une seule implantation, là où son prédécesseur imaginait plusieurs centres. En quelque sorte, il s’agira donc, pour la ville qui sera choisie afin d’abriter ledit centre, de devenir la future capitale du sport francophone.

Il y a un mois, ce projet jugé "capital pour Liège" par Christine Defraigne a pris un tournant puisque le cahier spécial des charges y relatif fut publié. Et c’est seulement quelques jours plus tard, preuve de l’intérêt suscité par un tel projet dont le budget total est tout de même estimé à environ 60 millions d’euros, que la Ville de Louvain-la-Neuve, en accord avec l’UCL et la Province du Brabant wallon, se déclarait officiellement candidate à l’accueil du centre. Basant sa candidature autour du complexe sportif du Blocry, la cité néolouvaniste est plutôt confiante en ses chances de décrocher la timbale (voir ci-contre) et la presse régionale évoquait même, fin octobre, les "sept raisons néolouvanistes d’y croire".

Mais l’appel lancé il y a deux semaines par la conseillère Defraigne tend à faire croire que cette candidature serait également tout à fait à la portée de la Cité ardente. Ainsi, s’appuyant sur le cahier des charges, cette dernière évoque à son tour un certain nombre de raisons de croire au succès liégeois. Parmi ces dernières, on peut évoquer le fait que Liège disposerait, sur son territoire, d’un nombre plus important de terrains disponibles de manière à pouvoir abriter un tel centre; lequel devra rassembler quelque 420 sportifs sur une superficie de 8,72 ha. Qui plus est, la grande majorité de ces terrains se situerait au Sart Tilman et appartiendrait déjà à l’ULg, partenaire évident pour mener à bien ce projet.

D’autres atouts liégeois - et ce ne sont pas le maïeur Willy Demeyer et le recteur Bernard Rentier qui disent le contraire - consistent en une accessibilité importante de la région liégeoise et du site du Sart Tilman, en une présence d’infrastructures du type Country Hall voire piscine olympique prêtes à l’emploi, sans oublier une offre d’enseignement riche et une spécialisation de l’ULg en médecine sportive. Mais à entendre Christine Defraigne, laquelle mentionne encore d’autres arguments plaidant en faveur de Liège, là où le bât blesse clairement, c’est concernant l’aspect budgétaire, essentiel, et un engagement ferme, en la matière, des partenaires concernés, à savoir la Ville, la Province et l’ULg.

Pour la conseillère, selon qui l’ULg est plus que jamais preneuse, "il est grand temps que la Ville et la Province se mobilisent dans ce dossier". Une mobilisation qui, selon Willy Demeyer, est bien réelle, ce dernier évoquant le fait que "le consortium Ville-Province-ULg fonctionne" et que "la candidature liégeoise est crédible". Du côté de l’ULg, où l’attente grandit et où on précise que "jusqu’à présent, ce dossier n’a pas été la priorité des pouvoirs publics", on attendait beaucoup de la réunion prévue vendredi dernier et où, notamment, l’aspect budgétaire devait être évoqué. Aucun retour ne nous est parvenu de cette réunion mais ce qui est sûr, c’est qu’il y a véritablement urgence dans ce dossier puisque la dead line pour le dépôt des candidatures a été fixée au 23 décembre prochain.