L’Emulation, enfin !

Lundi matin, camions, containers et échafaudages divers envahiront la place du XX-Août, annonçant enfin le début des travaux de réaffectation de l’Émulation, ce bâtiment de style néoclassique en face de l’Université qui doit accueillir, à terme, le Théâtre de la Place.

Julie Gillet
L’Emulation, enfin !

Lundi matin, camions, containers et échafaudages divers envahiront la place du XX-Août, annonçant enfin le début des travaux de réaffectation de l’Émulation, ce bâtiment de style néoclassique en face de l’Université qui doit accueillir, à terme, le Théâtre de la Place. Un dossier vieux de quelques années déjà, ayant accumulé un certain retard : en 2005, lors de la remise des clés de l’édifice à la Ville, l’on prévoyait l’inauguration pour 2008 !

De rapports en reports, d’obstacles administratifs en freins budgétaires, c’est donc bien longtemps après la date initialement prévue que le chantier débutera, le 17 janvier prochain, pour quelque 400 jours ouvrables, soit environ deux ans.

Pour rappel, le projet architectural de l’architecte liégeois Pierre Hebbelinck consiste à restaurer complètement le bâtiment classé de la Société libre d’Émulation, datant des années 30, et à lui adjoindre un ensemble de nouveaux immeubles, formant un "L" entre la place du XX-Août et la rue des Carmes. Le complexe disposera alors de deux salles, l’une de 558 places, l’autre de 145, en plus des bureaux, loges et salles de répétition. Le tout pour un budget global d’environ 20 millions d’euros, pris en charge pour plus de la moitié par la Communauté française, le reste étant subsidié par la Région wallonne, la Province et la Ville. "Il s’agit de travaux exceptionnels de restauration du patrimoine, comme Liège n’en a plus connus depuis des années", précise l’échevin des Travaux Roland Léonard (PS).

Dans un premier temps, et jusqu’au 28 janvier, les travaux consisteront à installer le périmètre du chantier, qui neutralisera l’une des trois bandes de la place du XX-Août durant deux ans. L’accès au parking devant l’ULg sera également perturbé, pris d’assaut par les containers, camions et autres réserves de matériaux. Ensuite, dès la fin du mois, l’on procédera au désamiantage puis à la démolition des quatre immeubles rue des Carmes et place du XX-Août, où sera construite la nouvelle aile.

Dès mars, une première grue devrait faire son apparition, signifiant le début des travaux de reconstruction, notamment le démontage de la cage de scène actuelle pour faire place à une nouvelle, plus adaptée aux technologies contemporaines.

"J’ai souhaité que ce chantier ait le moins d’impact possible sur son environnement, souligne Roland Léonard. Il s’agit de milieux habités, minimiser les nuisances est donc une priorité. Les entreprises ont été coordonnées pour que le chantier dure le moins longtemps possible, mais il s’agit d’un patrimoine classé : on ne peut pas y aller avec une boule de démolition. Néanmoins, nous allons suivre les travaux de très près pour que les délais soient respectés. Même si nous ne sommes jamais à l’abri d’un aléa".

Rendez-vous est pris en 2013 pour un premier spectacle à l’Émulation. La pièce commencera-t-elle à l’heure ?


Et pendant ce temps là, à l'opéraTravaux Autre gros chantier liégeois ayant accusé pas mal de retard avant le démarrage, l’Opéra royal de Wallonie, aujourd’hui en travaux depuis presque dix mois. Au programme : la restauration complète du Théâtre royal, avec une salle complètement rénovée, une machinerie améliorée grâce à une superstructure sur le toit et une façade rafraîchie; soit un lifting complet de 30 millions d’euros. La durée annoncée des travaux était de deux ans. Aujourd’hui, où en est-on ? " Les délais sont respectés, à un mois près, répond l’échevin des Travaux Roland Léonard (PS). Il y a eu quelques ralentissements lors des épisodes neigeux de décembre, mais le chantier n’a jamais été arrêté, hormis durant les congés du bâtiment. Nous avons connu des soucis par rapport à l’approvisionnement en béton à cause du froid mais, heureusement, tout s’est vite réglé. Nous sommes satisfaits de notre maîtrise des délais, qui favorise un travail de qualité. Maintenant, ce n’est pas une simple restauration de façade, ce sont de gros travaux et nous ne sommes pas à l’abri d’un imprévu". À noter qu’à terme, la salle sera enrichie d’un tout nouveau dispositif acoustique à l’attention des malentendants, une boucle à induction permettant aux porteurs de prothèses auditives de recevoir directement les signaux de sources audio, électriques ou électroniques, sans parasite. J.G.