Les pirates abordent à Liège

Ils ont créé la surprise en Suède et en Allemagne. Qui ? Les Partis Pirates (PP), formés à l’initiative de jeunes geeks (ces passionnés d’informatique) qui ont élaboré un programme fortement axé sur l’usage libre d’Internet et les libertés individuelles en général. Lors des élections européennes de 2009, les pirates suédois ont récolté 7,1 % des voix. Et en Allemagne, le 18 septembre dernier, le PP allemand a raflé à Berlin près de 9 % des suffrages aux régionales.

Isabelle Lemaire

Ils ont créé la surprise en Suède et en Allemagne. Qui ? Les Partis Pirates (PP), formés à l’initiative de jeunes geeks (ces passionnés d’informatique) qui ont élaboré un programme fortement axé sur l’usage libre d’Internet et les libertés individuelles en général. Lors des élections européennes de 2009, les pirates suédois ont récolté 7,1 % des voix. Et en Allemagne, le 18 septembre dernier, le PP allemand a raflé à Berlin près de 9 % des suffrages aux régionales.

Le succès des Suédois a clairement donné des idées à certains. C’est ainsi qu’un Parti Pirate belge (PPBe) a été créé en 2009. Il a participé aux élections fédérales de 2010, réalisant le score de 2,4 % dans le célèbre (et bientôt défunt) canton de BHV. Et le PPBe ne compte pas en rester là : il souhaite essaimer dans tout le pays. A Liège, un embryon de locale PPBe existe déjà. Son coordinateur s’appelle Stéphane Vanbellinghen et non, il n’est pas le Monsieur Météo de RTL TVI ! Cet agent immobilier de 32 ans, déçu par les partis traditionnels, a pour mission de développer la section liégeoise en recrutant de nouveaux membres. Comment ? Par Internet, bien sûr mais aussi grâce à des "pirate beer". "Ce sont des rendez-vous mensuels dans un café, ouverts à toute personne désireuse de s’informer sur le parti", dit-il. A l’heure actuelle, le PPBe liégeois ne compte qu’une dizaine de membres, âgés de 18 à 45 ans. Un peu juste pour former une équipe digne de ce nom "Il faudrait effectivement recruter d’autres exécutants car je suis seul en poste. Cela dit, le parti n’a pas de structure pyramidale; il n’y a pas vraiment de chef", précise le jeune homme.

Un des credos du PPBe est l’instauration d’une démocratie participative, mais pas seulement. Les pirates belges, qui se déclarent "ni de gauche ni de droite mais au-dessus de la mêlée" et qui martèlent "moins de bla bla et plus d’action", ont rédigé un programme en 42 points, du propre aveu de Stéphane Vanbellighen "pondu à la va-vite pour les élections de 2010. Il doit être élargi, bien que nous souhaitons nous concentrer sur des thématiques restreintes que nous maîtrisons". On y retrouve pêle-mêle un refus de participer au débat communautaire, qualifié de "nuisible" ("une fuite par rapport aux vrais problèmes"), une réforme profonde des médias publics ("il faut les dépolitiser afin de garantir l’indépendance des journalistes qui y travaillent") et du statut d’artiste, le droit de vote plein et entier pour toute personne résidant en Belgique depuis cinq ans ou encore la défense de la libre expression, à l’anglo-saxonne. "Je pense que tout doit pouvoir être dit, même les idées extrémistes, tant qu’il n’y a pas d’appel à la violence", déclare le pirate liégeois.

Malgré une volonté affichée de conquérir le pouvoir, le PPBe est un très jeune parti qui se cherche encore une identité, une base et un électorat. La section liégeoise ne devrait pas être en mesure de présenter une liste avant les communales de 2018. De quoi laisser le temps aux pirates de mûrir et d’affiner leur programme qui élude totalement le socio-économique. Alors le PPBe, feu de paille ou développement durable ? Le verdict des élections européennes de 2014, auxquelles tous les PP d’Europe devraient participer, donnera sans doute un indicateur de leur popularité. En tout cas, si défaite cuisante il y a, au vu du nom du co-président du PPBe (Jurgen Rateau), on devine déjà les titres des journaux