Copinages à tous les étages !

Jean-Michael Simar, un ancien membre du personnel de la Haute École de la Province de Liège, a été victime d’un changement de direction. Un certain nombre de "mouvements de personnel" jugés suspects dès après le remplacement de l’ancienne directrice de catégorie par le frère de l’échevin liégeois Jean-Géry Godeaux (PS). Et notre témoin de dénoncer, autres arguments à l’appui dont un interventionnisme du politique et notamment des députés provinciaux André Gilles (PS) et Georges Pire (MR), une situation passablement politisée au sein de la HEPL.

Bruno Boutsen
Copinages à tous les étages !
©devoghel

C’était en toute fin de l’année dernière : dans un article intitulé "Pas rouge, pas de cours !", (voir notre édition du 22/12/2010), la "Gazette de Liége" faisait état du témoignage plutôt édifiant d’un ancien professeur invité au sein de la Haute École de la Province de Liège (HEPL), à savoir Jean-Michael Simar. Ce dernier, chef comptable et ancien diplômé de la HEPL, y disposait durant plusieurs années de diverses charges de cours au sein de la catégorie économique mais il s’était fait remercier en 2008 non sans que cela ait nourri chez lui de sérieux soupçons quant au bien-fondé de son licenciement de l’époque. Sans refaire ici tout l’historique de ce cas certes particulier mais néanmoins relevant, on peut affirmer sans trop se tromper que cet ancien membre du personnel de la HEPL, aujourd’hui actif au sein de la Haute École libre mosane (Helmo), a été victime d’un changement de direction. En outre, dans nos colonnes, Jean-Michael Simar faisait également état d’un certain nombre de "mouvements de personnel" jugés suspects - il citait notamment le cas de Layla Bouazza, soit la sœur du patron du Forum de Liège étiqueté PS - dès après le remplacement de l’ancienne directrice de catégorie par le frère de l’échevin liégeois Jean-Géry Godeaux (PS). Et notre témoin de dénoncer, autres arguments à l’appui dont un interventionnisme du politique et notamment des députés provinciaux André Gilles (PS) et Georges Pire (MR), une situation passablement politisée au sein de la HEPL.

Près d’un an plus tard et alors que cet article n’a pas été sans susciter de réactions, d’autres témoignages du même acabit nous sont parvenus dont celui d’une autre membre du personnel de la catégorie économique de la Haute École provinciale. Préférant conserver l’anonymat - tout comme d’ailleurs les autres contacts que nous avons eus au sein de l’école -, cette dernière évoque elle aussi une politisation à outrance ou en tout cas un copinage qu’elle juge inadmissible. Morceau choisi : "La HEPL ne fonctionne pas comme il le faudrait et cela est dû notamment à la politisation de certains membres de la direction générale". Et d’évoquer le cas de Salvatore Anzalone, inspecteur général ad interim et par ailleurs membre de la direction générale, qui était présent sur la liste électorale du PS à Amay et même conseiller communal du temps de Robert Collignon (PS). Cela s’ajoute aux cas déjà évoqués du directeur de la catégorie économique, Bernard Godeaux, qui est président de la section locale du PS d’Angleur, et de Layla Bouazza, présidente du comité culturel de Villers-le-Bouillet où la bourgmestre n’est autre que Christine Collignon (PS). Alors, loin de nous l’idée de considérer qu’il est interdit d’avoir un engagement politique mais on peut tout de même pointer le caractère troublant d’une appartenance ou du moins d’une liaison à un seul parti.

Comme notre première interlocutrice, un autre membre du personnel de la catégorie économique de la HEPL, une catégorie où l’ambiance serait "peu humaine", évoque également le fait qu’il y règne selon lui une sorte de "loi de la jungle", à laquelle il faut semble-t-il ajouter une "culture du silence". En effet, il est marquant de constater que la prudence et même la peur furent de mise lorsqu’il s’est agi d’évoquer la situation interne au sein de la HEPL. Autre morceau choisi, toujours sous le sceau de la confidentialité : "Le copinage permet à certains d’obtenir les cours qu’ils veulent sans tenir compte du travail énorme effectué par d’autres. Ce travail est jeté à la poubelle juste parce que des mieux placés sont privilégiés". Soit, en substance, ce qui était déjà dénoncé par Jean-Michael Simar à la fin de l’année dernière. Et l’un de nos témoins de rajouter : "Mais si tous les dégoûtés s’en vont, il ne restera plus que les dégoûtants". Parmi ces "dégoûtés", certains professeurs, après avoir usé de recours internes afin de faire valoir leurs intérêts dans tel ou tel cas particulier (le plus souvent, il s’agit d’attributions qui leur ont été retirées ou refusées), ont d’ailleurs pris langue avec des avocats et sont en passe d’entamer une procédure judiciaire contre la direction de la Haute École provinciale où c’est visiblement la catégorie économique qui pose problème.