Quelle place après la Place ?

Mille tracts, invitant les riverains de la place de l’Yser à se rendre mercredi soir à une séance d’information sur les futurs aménagements de la dite place, avaient été glissés dans les boîtes aux lettres d’Outremeuse. Une quarantaine de personnes à peine ont répondu à l’invitation. Et ceux qui pensaient que Michel Firket, l’échevin de l’Urbanisme, allait leur présenter un projet concret en furent pour leurs frais

Quelle place après la Place ?
©Bruno Devoghel
Isabelle Lemaire

Mille tracts, invitant les riverains de la place de l’Yser à se rendre mercredi soir à une séance d’information sur les futurs aménagements de la dite place, avaient été glissés dans les boîtes aux lettres d’Outremeuse. Une quarantaine de personnes à peine ont répondu à l’invitation. Et ceux qui pensaient que Michel Firket, l’échevin de l’Urbanisme, allait leur présenter un projet concret en furent pour leurs frais

En effet, il s’agissait plutôt d’une séance de concertation avec les riverains, histoire de prendre le pouls de l’opinion publique et de relever ses souhaits en matière d’aménagements après la démolition du théâtre de la Place. L’échevin a ouvert la réunion avec ces mots : "Le théâtre a beaucoup gâché cette place, qui est devenue un refuge à poubelles et à toxicomanes. Nous voulons créer une vraie place de quartier, un lieu de rassemblement et pas un îlot de verdure. Les voiries annexes sont trop réservées aux voitures. Elles vont être réadaptées à la mobilité douce."

Ce qui semble clair, c’est que la Ville a déjà concocté un, voire plusieurs scénarios. Mais elle souhaite ne pas les imposer à la population, craignant sans doute de s’exposer à un vent de protestation ou à des recours (sans compter les élections communales qui approchent à grands pas ). Le public a donc eu droit à un grand brainstorming, conduit par Myron Devolder. Cet auteur de projet au bureau d’urbanisme Studio 011 est chargé d’étudier les différentes possibilités de réaffectation. Déçus, certains riverains n’ont pas tardé à quitter la salle. Les autres se sont prêtés au jeu des questions/réponses, parfois dans la confusion la plus totale.

Trois grands axes de réflexion ont été posés : la mobilité, l’usage du sol et la complémentarité du site avec d’autres espaces publics de la ville. "La voiture est-elle un problème et faut-il conserver le parking souterrain du théâtre ?", lance tout d’abord Myron Devolder. Les réponses fusent et le sujet des places de parking semble sensible. "Le trafic est infernal", s’exclame un riverain. "Ce sont les voitures ventouse le problème", affirme un autre. "Ma fille n’osera jamais se garer dans le parking souterrain tard le soir. Trop dangereux.", dit une dame âgée. Myron Devolder suggère que l’on s’inspire, pour le pourtour de la place, des futurs aménagements des quais de Meuse, axés sur la mobilité douce, afin de "transformer l’image de Liège qui est associée au trafic automobile".

Ensuite, l’auteur de projet aborde le sujet de l’aménagement au sol. La Ville souhaite que 40 % de l’espace soit dévolu à la détente. Oui, mais pour y faire quoi ? Et c’est là que les avis des riverains divergent le plus. Une plaine de jeux, des pelouses et des fleurs, un terrain de sport, une fontaine, des toilettes publiques, un espace modulaire capable d’accueillir des manifestations, à l’instar de l’esplanade Saint-Léonard Les idées sont variées et il faudra faire le tri.

Enfin, le leitmotiv de la Ville est clair : ce projet doit être cohérent avec les autres aménagements d’espaces publics à Liège. "Nous voulons créer un maillage vert avec la Boverie, le parc de la Paix et Bavière", annonce un responsable.

Bref, cette soirée d’information n’a pas permis d’y voir beaucoup plus clair sur l’avenir de la place de l’Yser. Michel Firket l’a promis, il y aura une nouvelle séance dans quelques mois avec cette fois-ci, promis, la présentation d’esquisses de scénarios d’aménagement.