Ça dessine pas mal à Liège

Prolongeant une grande tradition nationale, les talents ne manquent pas, en terres liégeoises, dans les domaines de la bande dessinée et de l’illustration. Et les deux hautes écoles, l’Académie des beaux-arts et l’Institut Saint-Luc, contribuent à en former chaque année de nouveaux. Mais s’imposer sur le marché au point de pouvoir vivre de son art est une autre paire de manches. Beaucoup d’appelés, peu d’élus

P.V.

Prolongeant une grande tradition nationale, les talents ne manquent pas, en terres liégeoises, dans les domaines de la bande dessinée et de l’illustration. Et les deux hautes écoles, l’Académie des beaux-arts et l’Institut Saint-Luc, contribuent à en former chaque année de nouveaux. Mais s’imposer sur le marché au point de pouvoir vivre de son art est une autre paire de manches. Beaucoup d’appelés, peu d’élus

Pour soutenir ce secteur, la Province avait déjà organisé des petits festivals, à Seraing et Oupeye, ainsi que l’exposition "Mer et BD", en 2009, en coproduction avec le département français des Côtes d’Armor. Sorti de presse ces jours-ci, le premier numéro du magazine "Page 1," (la virgule signifiant : ce n’est qu’un début) constitue un nouveau coup de pouce.

"Nous avons eu des contacts, mis sur pied un groupe de réflexion, explique le député provincial de la Culture Paul-Emile Mottard (PS). On a émis des constats qui sont évidents mais toujours utiles à rappeler. Une des demandes concernait la difficulté qu’ont les jeunes créateurs à se faire connaître. C’était le même constat que celui qui est à l’origine de "Ça balance " pour la musique". Comme le CD de compilation annuel bien connu, "Page 1," livre, en 48 pages, les planches de jeunes auteurs, qui disposent ainsi désormais d’une carte de visite pour leurs contacts ultérieurs, notamment avec le monde de l’édition. Douze signatures sont rassemblées dans cette première livraison. Après appel à projet, 63 candidatures avaient été déposées, de quoi confirmer en tout cas que "ça dessine pas mal à Liège" ! Un jury a procédé à la sélection. Ceux qui n’ont pas été retenus ont été informés des critiques encourues par leur travail.

"Les critères, précise Paul-Emile Mottard, ont été la qualité technique du projet, l’univers propre de chaque artiste, la narration et le découpage. Le résultat présente une très grande variété. Cela va de la BD patrimoniale classique à l’illustration pour enfants. Il y a parfois des influences manga, mais certains ont aussi un style tout à fait particulier". Le tirage est de 3000 exemplaires, mais inutile de se précipiter chez le libraire ou de passer commande à la Province : la diffusion est limitée au milieu professionnel. Ainsi les coordinateurs de l’opération, Yves Leclercq et Philippe Brau, comptent-ils bien faire circuler amplement "Page 1," au festival d’Angoulême.

Du côté des bédéistes et illustrateurs (illustratrices en majorité), des attentes semblent bien avoir été rencontrées, comme en témoigne Emilie Hennen, un des auteurs présentés cette fois : "Bien sûr, je n’ai pas attendu un magazine pour prendre contact avec des éditeurs. Mon souhait est d’être illustratrice pour enfants et pour approcher une personne, pour gagner sa confiance, il faut qu’elle accepte qu’on n’ait pas encore publié un livre ou une BD Un outil comme celui-ci peut aider à être cohérent".

Le magazine ayant été conçu pour être semestriel, de nouveaux projets seront soumis au jury en juin pour parution en juillet. A en juger par le nombre de travaux proposés pour le numéro initial, l’approvisionnement ne devrait pas poser de problème. "L’avenir nous le dira, assure le député provincial. Pour "Ça balance ", on s’était aussi demandé au début s’il y aurait chaque fois des candidats".

Les conditions pour en être ? "La seule est de ne pas avoir été édité, répond Yves Leclercq. Il n’est pas nécessaire d’être passé par une école. Et on peut avoir n’importe quel âge, même si on voit mal quelqu’un commencer une carrière à 80 ans !"

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