Rebondir après le flop du centre sportif

Le projet d’un centre de formation pour sportifs de haut niveau de la Fédération Wallonie-Bruxelles avait déjà pris une sérieuse dose de plomb dans l’aile l’automne dernier, quand il s’avéra que le gouvernement communautaire ne lui consacrerait aucun budget en 2012.

Rebondir après le flop du centre sportif
©Devoghel
Paul Vaute

Le projet d’un centre de formation pour sportifs de haut niveau de la Fédération Wallonie-Bruxelles avait déjà pris une sérieuse dose de plomb dans l’aile l’automne dernier, quand il s’avéra que le gouvernement communautaire ne lui consacrerait aucun budget en 2012. Les blocages décisionnels entre les ministres les plus concernés, chacun défendant son fief, ont fait le reste. Pour Liège, la décision minimale prise dans la nuit de lundi à mardi n’en a pas moins le goût amer d’une guerre perdue sans avoir pu livrer bataille, alors que les plans de campagne avaient été longuement et savamment préparés Le hall indoor d’athlétisme (principalement) octroyé à Louvain-la-Neuve n’a, en effet, plus rien à voir avec le projet d’un grand pôle multidisciplinaire. Il ne s’agit plus ici que d’un budget de 25 millions, contre quelque 70 prévus initialement. Mais une question taraude plusieurs décideurs liégeois : pourquoi, après cette révision à la baisse du cahier des charges, ne pas avoir remis les candidats en concurrence ? Ceux qui ont élaboré les projets Speed (Liège) et Apogia (Louvain-la-Neuve), de grande qualité l’un et l’autre, auraient sans doute apprécié qu’on sollicite leur expertise sur l’hypothèse d’une réduction à l’athlétisme.

Quant à l’argument, invoqué notamment par la Ligue belge francophone d’athlétisme (LBFA), de la grande densité de la région bruxelloise en affiliés et en clubs, il n’a pas convaincu à Liège. Le professeur Marc Cloes (ULg), coordinateur du groupe de travail Speed, relève que pour la moitié des fédérations de sport impliquées, c’est la Cité ardente qui comprend le plus grand nombre de membres. La joute des chiffres entre les deux villes universitaires n’est pas près de s’arrêter.

Mais les conséquences, dans tous les cas, sont lourdes. A terme, des investissements en infrastructures prendront une autre direction que celle de notre Alma Mater. Et avec ces derniers, des vocations sportives choisiront de se déployer dans le Brabant wallon plutôt que sur les terres principautaires. Reste deux (maigres) espoirs auxquels s’accrocher en bord de Meuse. Le premier est la porte ouverte par le ministre Marcourt, évidemment très mal pris, à un réexamen du dossier en fonction de l’évolution budgétaire de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Après l’athlétisme à Louvain-la-Neuve, la natation à Liège, le tennis à Mons ? . De quoi réjouir les ex-ministres des Sports Claude Eerdekens et Michel Daerden, qui avaient en leur temps envisagé une telle distribution entre plusieurs implantations. Quant à savoir si la cohérence et l’efficacité y trouveraient leur compte

Mais il ne s’agit pas ici de court terme. La dèche régionale est durable. L’autre perche à saisir, en attendant, serait celle des coordinations d’activités auxquelles les trois universités (UCL, ULB et ULg) ont été invitées. La compétence liégeoise particulière en matière de médecine sportive, notamment, pourrait trouver ici à s’employer.

Voir aussi en pages 6-7&64.