Que va faire la Police ?

C’est un déménagement, annoncé de longue date, qui a provoqué bien des remous. Depuis dix ans, la question d’un départ des policiers fédéraux des bâtiments situés au numéro 47 de la rue Saint-Léonard vers l’ancienne caserne de gendarmerie de Vottem se pose. Ces locaux, qui appartiennent à la Régie des bâtiments, sont dans un état de vétusté avancé. La Police fédérale réclamait à corps et à cris des travaux d’assainissement, avec dernièrement une menace de grève à l’appui s’ils n’étaient pas entendus. Finalement, la nouvelle patronne de la Police fédérale, Catherine De Bolle, a tranché : tous les services de la Police fédérale (soit 800 personnes) seront regroupés pour 2017-2020 dans une nouvelle infrastructure sur le site de Vottem, via un emménagement transitoire dans des locaux de la rue Saint-Gilles.

Isabelle Lemaire

C’est un déménagement, annoncé de longue date, qui a provoqué bien des remous. Depuis dix ans, la question d’un départ des policiers fédéraux des bâtiments situés au numéro 47 de la rue Saint-Léonard vers l’ancienne caserne de gendarmerie de Vottem se pose. Ces locaux, qui appartiennent à la Régie des bâtiments, sont dans un état de vétusté avancé. La Police fédérale réclamait à corps et à cris des travaux d’assainissement, avec dernièrement une menace de grève à l’appui s’ils n’étaient pas entendus. Finalement, la nouvelle patronne de la Police fédérale, Catherine De Bolle, a tranché : tous les services de la Police fédérale (soit 800 personnes) seront regroupés pour 2017-2020 dans une nouvelle infrastructure sur le site de Vottem, via un emménagement transitoire dans des locaux de la rue Saint-Gilles.

Mais problème, ce départ annoncé de la Police en périphérie ne plaît pas du tout au bourgmestre de Liège. "Je tiens à souligner que je souhaite que les policiers doivent pouvoir travailler dans de bonnes conditions, mais je plaide pour un maintien des services de Police dans le centre-ville. J’ai d’ailleurs pu m’entretenir avec les autorités fédérales et je pense que ma demande a été entendue. Nous devons trouver une solution rapide, histoire de ne pas retarder inutilement ce dossier. Il faudrait trouver une autre implantation au centre pour ces policiers."

En attendant une annonce formelle à ce sujet, qui aurait lieu le 30 avril, certains envisagent déjà des projets de réaffectation pour ce bâtiment de plusieurs centaines de mètres carrés. Les écologistes liégeois ont déjà une idée sur la question et le font savoir. "Il faut que ce déménagement soit une chance pour le quartier", affirme Quentin le Bussy, un habitant du quartier Saint-Léonard qui se présentera sur la liste Ecolo aux élections communales. "Quand un service public ou un service au public quitte le centre pour la périphérie, il y a le risque de vider un quartier de sa substance. C’est ce qu’il faut éviter ici. Il faut prendre garde à ce que le site ne se transforme pas en chancre." Et Quentin le Bussy de souligner, dans de gros dossiers urbanistiques liégeois (Bavière, place Saint-Lambert ou Guillemins), "l’imprévoyance des autorités communales qui ont une fâcheuse tendance à voir arriver les problèmes de loin et ne pas les anticiper.".

Ecolo propose dès lors des idées de réhabilitation pour la "gendarmerie", comme l’appellent encore les habitants de Saint-Léonard. "On peut partir sur des initiatives différentes, pourquoi pas un partenariat public-privé, qui impliquerait la création de logements basse énergie, moyens, sociaux et familiaux, tout en encourageant l’accès à la propriété via des habitations à aménager ? Les espaces au sol (la cour intérieure) pourraient être reconvertis en espace public, en parking vélo ou de covoiturage. Nous souhaitons que la Ville soit proactive et commande rapidement une étude de faisabilité, en concertation avec la Police fédérale et la Régie des bâtiments."

Pour Willy Demeyer, il s’agit là d’une "manœuvre électoraliste" de la part de l’opposition. "Si je suis d’accord avec la méthodologie que propose Ecolo, je trouve le timing électoraliste. Aucune décision définitive n’a encore été prise quant au déménagement des services de Police. Et, si départ il y a, il n’aura lieu que dans huit ans. Ce dossier, on va le construire, mais des projets urbanistiques d’une telle ampleur prennent de dix à quinze ans à aboutir." La saga du déménagement des policiers fédéraux n’est donc peut-être pas finie.