"On a perdu notre Papa"

Ce lundi, sous un ciel maussade, les habitants d’Ans ont tenu à témoigner le sentiment que leur laissait la disparition de leur bourgmestre honoraire.

Yannick Gody (st.)
"On a perdu notre Papa"
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Ce lundi, sous un ciel maussade, les habitants d’Ans ont tenu à témoigner le sentiment que leur laissait la disparition de leur bourgmestre honoraire. Josiane et Gianni habitent la commune depuis de longues années. Pour eux, Michel Daerden était un homme exceptionnel. "Il était proche des gens. Il a tout fait pour Ans. Nous regrettions déjà son départ pour Saint-Nicolas. Hier, nous avons pleuré en apprenant la nouvelle", confie le couple. Une ancienne voisine de Michel Daerden se souvient aussi de lui comme d’un homme aimable : "Ce qui me manquera chaque matin, c’est son signe de main amical" affirme-t-elle.

Jeanne Henrard, une ancienne conseillère communale socialiste d’Ans aujourd’hui pensionnée, a côtoyé l’homme politique durant sa carrière. "La commune d’Ans a perdu beaucoup. Ici, c’était le numéro un. Je ne le connaissais pas intimement, mais j’ai toujours trouvé que c’était un homme admirable. Son décès me laisse un grand désarroi."

Une large frange de la population ansoise estime en effet que cet homme politique a "marqué la région" mais certains, plus circonspects, préfèrent éviter de parler de politique en ce jour. Robert et Josette n’ignorent pas les réalisations du socialiste dans leur commune, mais à l’heure de lui dire au revoir, ils choisissent de se souvenir de l’homme plutôt que du phénomène politique. "Il a fait beaucoup pour Ans, c’est vrai,mais son bilan politique importe peu. Il s’agit avant tout d’un bon vivant qui est mort jeune."

Un bon vivant certes, dont les excès amusaient les uns, mais préoccupaient, voire agaçaient les autres. En effet, Luisa regrette le décès "d’un homme intelligent", mais refuse d’être complaisante. "Il l’a bien cherché ! Être une personnalité publique et avoir un tel train de vie, ce n’est pas correct", clame-t-elle. Son hygiène de vie et ses frasques ont également suscité des propos rudes parmi les personnes du troisième âge. "On récolte ce que l’on sème", estime un couple de retraités.

Pour permettre aux citoyens qui le souhaitent d’écrire quelques mots en hommage à Michel Daerden, l’administration communale d’Ans a ouvert un registre de condoléances dans la salle des mariages. C’est là que se sont recueillis Georgios et Milandu. Pour eux, il était important de venir saluer la mémoire de cet homme qui "aidait son peuple". Des registres de condoléances sont également ouverts dans les hôtels de ville de Liège, Ans, Seraing, Saint-Nicolas et Herstal.

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