Ville et étudiants, binôme gagnant ?

Un débat “Liège, ville étudiante” était organisé lundi soir à l’initiative de Michel de Lamotte.

Ville et étudiants, binôme gagnant ?
©Bruno Devoghel
Bruno Boutsen

Liège, ville étudiante" : tel était l’intitulé du débat organisé lundi soir au musée de la Vie wallonne à l’initiative du conseiller communal liégeois et député wallon Michel de Lamotte (CDH). La Cité ardente est riche d’une intense vie étudiante qui participe elle-même à la vie de la cité. Et que dire alors du folklore estudiantin liégeois, réputé bien au-delà des frontières de la province ? Mais le binôme ville et étudiants ne se limite pas à ces aspects festifs. Il recouvre d’autres pans de la vie en société, lesquels revêtent autant d’enjeux, qui furent évoqués lundi soir. À l’issue de tables rondes tenues autour de plusieurs thèmes (mobilité, logement, loisirs ), la parole a été laissée à tour de rôle aux différents intervenants qui avaient répondu favorablement à l’invitation. À savoir notamment la ministre régionale Marie-Dominique Simonet (CDH), anciennement en charge de l’Enseignement supérieur, ainsi que le recteur de l’ULg Bernard Rentier ou encore le directeur-président de l’Helmo Alexandre Lodez. À ces derniers, s’ajoutaient également des représentants liégeois de différents secteurs concernés par la problématique étudiante.

Ainsi que l’a exprimé d’emblée Michel de Lamotte, l’idée était de dresser un état des lieux de la vie étudiante à Liège. Et c’est la thématique de la formation qui fut abordée en premier lieu. Tant Bernard Rentier qu’Alexandre Lodez ont donné leur point de vue à cet égard. Le premier évoquant la nécessaire "adaptabilité" des formations dispensées au monde professionnel et différenciant les formations professionnalisantes de celles qui ne le sont pas. Et le recteur de l’ULg d’affirmer que "Liège, ville étudiante, c’est une aubaine !" De son côté, le directeur-président de l’Helmo a évoqué les atouts de Liège, à savoir notamment une offre de formations diversifiée, tout en ébauchant des pistes d’amélioration. "Notre réseau de formations est insuffisant, a jugé Alexandre Lodez. Nous avons besoin de formations reconnues au niveau européen et mondial". Également concerné par cette question, le président de l’Union wallonne des entreprises liégeoises, Jacques Pélerin, a estimé quant à lui que le problème ne se situe pas au niveau de la qualité mais bien de la quantité. "Or, a-t-il affirmé, le besoin en expertise et en connaissance est sans cesse croissant". Et ce dernier, par ailleurs actif au sein du groupe ArcelorMittal, d’épingler un autre problème consistant selon lui en la faiblesse de l’apprentissage des langues. La ministre Simonet a de son côté mis en évidence le potentiel important de Liège qui compte selon les chiffres fournis par la représentante du Siep quelque 45000 étudiants répartis entre l’ULg et les différentes hautes écoles. Et cela sans compter l’enseignement de promotion sociale qui devrait selon Catherine Van Ghyseghem, laquelle a également évoqué un problème en ce qui concerne le taux de réussite des étudiants, être renforcé en terres liégeoises.

Côté étudiant, Tom Barbette, représentant la Fédé, a vanté la situation jugée idéale de Liège ainsi que les relations "win-win" qui peuvent selon lui s’établir entre entreprises et formateurs. Mais, tout comme d’ailleurs l’autre représentant étudiant, à savoir Maximilien Bui pour l’Helmo, de mettre en avant une série de difficultés locales. Lesquelles ont trait selon ces derniers essentiellement à la mobilité et au logement mais concernent également la vie étudiante au sens plus festif. Parmi d’autres points, la nécessité d’une salle de guindaille, permanente et destinée uniquement aux festivités estudiantines, a été relevée par quasi l’ensemble des intervenants à ce débat. S’il n’y a point encore de solution à l’horizon, les uns et les autres se sont réjoui que les étudiants parlent désormais d’une seule voix au travers de l’Union des étudiants liégeois récemment formée.

Outre la problématique des évènements, deux autres thèmes ont retenu l’attention. À savoir celui de la mobilité, les étudiants présents plaidant pour des horaires adaptés et davantage de concertation et la représentante des Tec y allant de son lot de données chiffrées. "La desserte du Sart Tilman est importante, a estimé Carine Zanella. Elle comprend trois lignes directes, ce qui fait 238 bus qui transportent quotidiennement plus de 14000 usagers". Concernant l’instauration de bus de nuit, la porte est restée ouverte mais encore faut-il savoir ce que l’on entend par bus de nuit Enfin, le thème du logement fut également au centre du débat. Avec un constat dressé par Olivier Hamal, le vice-président du Syndicat national des propriétaires, pour qui l’offre liégeoise, émanant essentiellement du secteur privé, est vaste. Et si ce dernier s’est dit ouvert aux nouvelles formules de kots, il a émis des doutes sur une hausse des homes étudiants voulue par les étudiants pour qui il faut toutefois veiller à la qualité de ces derniers.