Penser l’après-sidérurgie

Avec les fermetures annoncées de certains sites sidérurgiques liégeois décidées par le groupe Mittal, de vastes terrains vont être libérés de leur activité. Des sites exploités par la sidérurgie depuis parfois plus d’un siècle et demi et évidemment pollués à des degrés divers. Mais ils sont aussi stratégiques car situés en bord de Meuse et près du rail.

Penser l’après-sidérurgie
Isabelle Lemaire

Avec les fermetures annoncées de certains sites sidérurgiques liégeois décidées par le groupe Mittal, de vastes terrains vont être libérés de leur activité. Des sites exploités par la sidérurgie depuis parfois plus d’un siècle et demi et évidemment pollués à des degrés divers. Mais ils sont aussi stratégiques car situés en bord de Meuse et près du rail.

Pour le ministre wallon de l’Environnement et de l’Aménagement du territoire, Philippe Henry (Ecolo), il faut sans attendre commencer à penser à l’après-sidérurgie. Sans attendre d’ailleurs les conclusions définitives de la task force ArcelorMittal, initiée par le ministre Marcourt, qui cherche un ou des repreneurs pour le bassin liégeois. Philippe Henry a invité ce lundi après-midi les bourgmestres et échevins de huit communes qui accueillent des sites ArcelorMittal sur leur territoire.

L’objet de cette première réunion de la table ronde sidérurgie : inventorier les sites, leur localisation, superficie, et historique industriel, l’état des permis d’environnement et de la pollution des terres ainsi que les possibilités d’assainissement. Une première étape avant la dépollution en elle-même (voir ci-dessous) et la reconversion, qu’elle soit de type industriel, économique ou orientée vers du logement.

Des représentants de Liège, Seraing, Herstal, Flémalle, Oupeye, Marchin, Modave et Saint-Nicolas ont participé à cette réunion à l’hôtel de Ville de Flémalle. "Nous leur avons présenté les informations sur les différents sites déjà en notre possession, à charge pour les communes de poursuivre leur examen chacune de leur côté. Quelques questions d’ordre technique ont été posées mais très peu", explique le ministre Henry qui précise que sa démarche a été "bien reçue".

Car la politique pourrait s’inviter dans ce débat sur l’après Mittal. Sur les huit communes invitées, sept sont dirigées par un bourgmestre socialiste et certains d’entre eux sont très engagés dans le dossier ArcelorMittal : Willy Demeyer qui participe aux réunions de la task force ou Alain Mathot qui se prononce fermement contre un rachat de la seule cokerie, par exemple. Cela pourrait-il nuire au projet du ministre Henry ? "L’état d’esprit était constructif et je n’ai pas senti aujourd’hui que la sensibilité politique jouait un rôle mais cela pourrait être le cas dans un second temps. C’est pour ça qu’un plan d’ensemble et des projets rassembleurs sont nécessaires", déclare-t-il au sortir de la réunion.

Aucun calendrier pour de futures réunions n’a encore été fixé, pas plus qu’un modus operandi de cette table ronde. "Il faut en tout cas attendre les conclusions de la task force pour en décider", indique le ministre.