Ste-Marguerite, quartier oublié

À l’automne dernier, la "Gazette" épinglait plusieurs quartiers liégeois quelque peu délaissés tels ceux du Longdoz ou d’Amercoeur. Mais il en est un autre, pourtant situé à quelques encablures de l’hyper-centre, que l’on peut sans nul doute classer dans cette catégorie.

Ste-Marguerite, quartier oublié
©Devoghel
Bruno Boutsen

À l’automne dernier, la "Gazette" épinglait plusieurs quartiers liégeois quelque peu délaissés tels ceux du Longdoz ou d’Amercoeur. Mais il en est un autre, pourtant situé à quelques encablures de l’hyper-centre, que l’on peut sans nul doute classer dans cette catégorie. Il s’agit du quartier Sainte-Marguerite, lequel n’a d’ailleurs récemment cessé de faire l’actualité, et ce notamment via des interpellations au Conseil communal. À cet égard, on peut rappeler que la dimension liée aux quartiers fait partie intégrante tant du "Projet de Ville 2012-2022" que du budget 2013 actuellement en débat.

Et pourtant, serait-on tenté d’écrire, d’autant que le quartier en question, l’un des plus anciens de Liège et que l’on a longtemps nommé faubourg de l’Ouest, fait l’objet d’une ZIP, soit une zone d’initiatives privilégiées, dans le chef des autorités communales. Ainsi, au milieu des années 90, les indicateurs ayant justifié sa reconnaissance en tant que ZIP, au même titre que le quartier Saint-Léonard par exemple, étaient les suivants : plus de 60 % de personnes isolées, 40 % de ménages monoparentaux, 35 % de personnes exclues des statistiques fiscales car disposant d’un revenu trop faible, 65 % de locataires et 40 % d’étrangers. Il faut encore ajouter à cela le déclin dans lequel se trouvait - et se trouve d’ailleurs toujours - le commerce dans ce quartier pourtant à vocation commerciale affirmée - il s’agit d’une de ses caractéristiques majeures - ainsi que la situation plutôt mal aisée d’un quartier qui s’est retrouvé enclavé. La cause en est essentiellement la réalisation de la voie rapide - sorte d’autoroute urbaine - dans les années 70 qui a sans nul doute contribué à un repli sur soi de Sainte-Marguerite.

Véritable porte d’entrée de la ville et bénéficiant en outre d’une grande richesse patrimoniale, le quartier est à la recherche depuis le début des années 2000 d’une nouvelle identité. C’est ainsi par exemple qu’après une consultation des habitants, un Projet de quartier, devant servir de fil conducteur aux opérations de rénovation urbaine, est approuvé par le Conseil communal. Les grands axes de ce schéma directeur sont les suivants : améliorer la qualité du logement, créer et aménager des espaces publics, améliorer la mobilité dans le quartier et le développer au niveau socio-économique. En bref, l’idée est de changer positivement l’image du quartier.

Plus de dix ans plus tard - c’est dès 2002 que la Région wallonne a accordé des subsides en faveur de cette ZIP -, et alors que le Projet de quartier de Sainte-Marguerite fait l’objet d’une actualisation (une équipe pluridisciplinaire coordonnée par le bureau liégeois Pluris a été désignée par le collège communal pour ce faire) l’on ne peut pas dire que rien n’a été fait mais le constat, fait d’ailleurs par certains habitants ou riverains du quartier, n’est guère brillant. Ainsi, d’importants investissements publics ont été consentis tant en matière de voiries (le reconditionnement du rond-point du Cadran, autour duquel doivent se greffer plusieurs projets immobiliers, ainsi que le réaménagement des rues Sainte-Marguerite et Saint-Séverin) que de logements (la transformation du site des Franciscains rue de Hesbaye et la réhabilitation des îlots Firquet et Saint-Séverin) ou encore d’espaces verts. À cet égard, la création d’un grand parc public de près de 10 000 m2 sur le site de l’ancien hospice Sainte-Agathe fait figure d’exemple-phare mais le moins que l’on puisse écrire est que ce projet, destiné à lier le haut et le bas du quartier, tarde quelque peu à voir le jour.