A l'ULg, un journal satirique étale la vie privée des étudiants... en toute impunité

C'est une tradition pour les étudiants en Droit de l'ULg: une fois par an, l'Ordre estudiantin de La Basoche publie un journal du même nom présenté comme "volontairement satirique et agressif".

A l'ULg, un journal satirique étale la vie privée des étudiants... en toute impunité
©Devoghel
Am.C.

C'est une tradition pour les étudiants en Droit de l'ULg: une fois par an, l'Ordre estudiantin de La Basoche publie un journal du même nom présenté comme "volontairement satirique et agressif". A l'intérieur, on trouve des blagues potaches comme on en fait dans toutes les universités du pays, des nouvelles de la vie étudiante, des photos de soirées...


"La Basoche" ne s'arrête pas là. Le journal dont LaLibre.be a pu se procurer une copie (voir des extraits en fin d'article) est aussi un recueil d'anecdotes plus ou moins flatteuses à propos de tel ou tel. Déboires affectifs, allusions au physique, règlements de comptes... Tout y passe. Les auteurs des articles sont d'autant mieux informés qu'il existe un formulaire en ligne pour dénoncer ses camarades. Et ce "de manière 100% anonyme".

 

A l'ULg, un journal satirique étale la vie privée des étudiants... en toute impunité
©D.R.

Dans les dernières pages, un classement des "Basoches d'or" établit la liste des étudiants de chaque année selon des catégories telles que "le plus con", "la plus salope" ou encore "le plus ringard".

Si la publication bénéficie bien d'un "éditeur irresponsable", la plupart des informations figurant dans l'ours (la rubrique qui rassemble traditionnellement tous les renseignements nécessaires pour identifier les auteurs d'un journal) sont farfelues. Les auteurs se cachent derrière des pseudonymes et précisent en guise d'"avertissement" que "[leur] apologie n'a d'autre raison que celle de [se] moquer de tout le monde".

"Contraire aux valeurs de l'ULg"

Contactée par LaLibre.be, l'université signale qu'elle "est bien au courant" de l'existence de ce journal. Et de préciser: "En accord avec le doyen de la faculté, le recteur a demandé le retrait de la publication et verra dans les prochains jours le responsable de 'La Basoche'. Cette publication est en effet contraire aux valeurs de notre université.

Pourtant, "La Basoche" a longtemps été publiée chaque année sans être inquiétée. Grâce à Google, on trouve même sans difficulté un exemplaire de 1996 oublié dans un coin poussiéreux de l'Internet.

Sur la page Facebook "Non au journal de La Basoche et à ses insultes et injures anonymes", certains tentent de dénoncer ces pratiques. Non sans récolter les foudres des partisans du titre. "Le gang des pleureuses est de retour", note par exemple un membre de l'ordre de La Basoche avec un sourire. Sur le réseau social, cette même personne remercie "chaleureusement toutes [les] victimes pour leur participation" à cette édition 2016.

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