Enseignement immersif: La rançon du "succès" à Liège

Ecole eleve enseignement classe institutrice immersion linguistique flammand langue neerlandais
Ecole eleve enseignement classe institutrice immersion linguistique flammand langue neerlandais ©Johanna de Tessieres
Bruno Boutsen

La situation à l’école fondamentale communale des Grands Prés est jugée intenable par certains parents d’élèves.

"La maîtrise d’une langue étrangère et a fortiori de la seconde langue nationale est d’une importance qui n’est plus à démontrer". C’est ce constat désormais partagé que l’on peut lire en une du site Web de l’école fondamentale communale des Grands Prés de Chênée, laquelle est un établissement scolaire ayant fait le choix de la pédagogie immersive en néerlandais. Arguant encore que l’enseignement traditionnel des langues aurait montré ses limites, ce qui serait également corroboré par des études montrant qu’une immersion totale permet aux élèves de disposer d’une meilleure connaissance de la langue en question, l’école des Grands Prés leur permet donc d’obtenir leur CEB en français ainsi qu’une connaissance de la langue de Vondel la plus proche possible de celle de l’enseignement néerlandophone.

Un trop grand nombre d’élèves par classe

Ceci, c’est pour l’ambition affichée par l’établissement dirigé par Fabienne Mossiat et situé au cœur de Chênée, lequel est en outre décrit comme étant composé d’une équipe d’enseignantes dynamiques et motivées proposant un enseignement personnalisé. Loin de vouloir remettre en cause le projet pédagogique de cette petite école de quartier à l’ambiance familiale, une représentante des parents d’élèves a toutefois tenu à attirer notre attention sur une situation jugée par elle et d’autres parents problématique. Et même intenable si l’on en croit Eléonore Schils qui est elle-même pédagogue puisqu’elle enseigne au sein de l’école Marcel Thiry de Mehagne (Embourg). En cause selon cette dernière, laquelle a été rejointe depuis le mois d’août dans son combat par une douzaine d’autres parents d’élèves : les conditions d’apprentissage jugées anormales que ces derniers auraient à subir dans leur classe de première année de primaire. En effet, celle-ci totalise 24 élèves dont trois nouveaux enfants n’ayant apparemment pas fréquenté l’enseignement immersif dès la troisième maternelle, ce qui est pourtant une possibilité offerte aux élèves.

Disant sa crainte et son incompréhension face à cette situation, Eleonore Schils, en tant que porte-parole des parents, a adressé récemment plusieurs courriels au pouvoir organisateur, soit en l’espèce la Ville de Liège, qu’il s’agisse de l’échevin en charge de l’Enseignement, de la directrice générale ou encore de l’inspectrice. Malgré des rappels et autres coups de téléphone, la plaignante n’a encore obtenu aucune réponse officielle. Or pour cette dernière, contactée par nos soins, il y a une certaine urgence en la matière car, estime-t-elle, "le nombre de 24 élèves ne permet pas de réunir les conditions nécessaires à la mise en place d’un enseignement immersif de qualité et efficace". Rappelant le choix fait par elle et d’autres d’un établissement scolaire communal mais déplorant que "les moyens ne sont pas mis en place pour mener vers le succès", Eléonore Schils tire donc la sonnette d’alarme. Et d’épingler en outre un souci concernant les dispositions légales existantes en matière d’enseignement en immersion linguistique, lesquelles ne prévoient pas d’adaptation spécifique à cet enseignement. "Il n’existe pas de décret permettant de garantir des conditions d’apprentissage adaptées à l’enseignement immersif", souligne-t-elle d’ailleurs à cet égard.