Histoire de chez nous: Les petites histoires de l’Expo de 1905 (CHRONIQUE)

Histoire de chez nous: Les petites histoires de l’Expo de 1905 (CHRONIQUE)
Chronique: Lily Portugaels

Un livre sur toute l’actualité, mois par mois, de l’Exposition universelle.

Il n’y a aucune raison particulière d’évoquer l’Exposition universelle de Liège en 1905. De nombreux ouvrages ont déjà évoqué ce grand événement liégeois. C’est maintenant toutefois que Jean-Pierre Rorive fait paraître un petit livre sans prétention mais particulièrement intéressant par son caractère anecdotique. On comprend pourquoi lorsque l’auteur explique qu’il a basé son travail, émaillé de très nombreuses illustrations, sur les billets quotidiens parus dans le journal "La Meuse" pendant le temps de cette exposition.

Un premier chapitre est consacré aux préliminaires de l’Expo universelle, le deuxième, le plus important, fourmille d’anecdotes reprises pour chacun des mois qu’a duré l’exposition et enfin le troisième expose le bilan de cette grande manifestation qui s’étira du 27 avril au 7 novembre 1905 sur les sites des Vennes, de la Boverie et de Fragnée (d’où la construction du pont de Fragnée) avec également une extension sur le plateau de Cointe, ce qui représentait plus ou moins 700 000 mètres. Il faut savoir que son succès fut considérable puisque, en un peu plus de sept mois, sept millions de visiteurs dont plusieurs visiteurs royaux ont découvert les pavillons de 16 119 exposants représentant 39 nations.

Lors d’une première inauguration officieuse qui s’était déroulée le 23 avril, sorte de répétition générale, un visiteur avait dénoncé le manque de commodités. "La chose paraît triviale, dit-il, mais comme beaucoup d’obligations physiologiques que la nature nous impose, elle n’en revêt pas moins une capitale importance […] Il paraît qu’il y a des projets mais sapristi, qu’on se hâte à les réaliser. Songez que c’est pour des gens très pressés". Autre anecdote : en mai, une sculpture de Jef Lambeaux, le "Faune mordu" considérée comme érotique, a été enlevée des galeries de l’exposition car "étant de nature à inquiéter la pudeur d’une partie du public". C’était il y a 112 ans !

Les attractions de l’exposition

Une des principales attractions de l’exposition était une sorte de carrousel comme une très grande araignée dont chaque tentacule se termine par une sorte de carlingue d’aéroplane qui peut contenir 15 à 20 personnes. Les bras s’élèvent à quelques mètres et par un mouvement rotatoire l’ensemble tourne. Cette machine a été réalisée aux Ateliers Cockerill, ce qui fait dire à la publicité que cela "suffit pour la déclarer sans danger". Cette attraction est l’œuvre de l’Américain Sir Hiram Stevens Maxim qui a également inventé des canons à tir rapide. Une attraction qui connut aussi un beau succès est l’immense bloc de chocolat Meunier dans la galerie française. Il s’agit d’une tour faite de 400 000 tablettes empilées. C’est la production journalière de "la plus grande fabrique de chocolat au monde". En ce temps-là !

"1905 Liège l’Exposition Universelle". Jean-Pierre Rorive. 130 pages. 19 euros.