Liège : le désespoir des sans papiers !

Depuis 3 ans, ils occupent un bâtiment à Burenville ; ils craignent l’expulsion en mars

Liège : le désespoir des sans papiers !
©tonneau

Depuis 3 ans, ils occupent un bâtiment à Burenville ; ils craignent l’expulsion en mars Le 24 avril 2017, le bourgmestre de Liège, Willy Demeyer, et les 6 chefs de groupe s’y étaient engagés… trouver une solution durable de relogement pour les occupants - sans papiers - de ce bâtiment communal à Burenville (ancienne annexe de l’école d’Horticulture).

Aujourd’hui pourtant, une soixantaine de personnes se retrouve dans l’impasse, elles qui occupent les lieux depuis 3 ans déjà. Comme l’explique France Arets en effet, pour le Comité de soutien aux sans papiers de Liège, "un arrêté a été pris en se basant sur le rapport des pompiers qui évoque des risques en cas d’incendie". Un arrêté d’inhabitabilité, signé le 5 décembre par le bourgmestre, "qui prévoit l’expulsion des personnes des lieux début mars si les bâtiments ne sont pas mis en conformité".

Ce lundi soir, ils ont manifesté leur désespoir, à l’hôtel de ville de Liège, où se déroulait la dernière séance (2018) du conseil communal. Objectif : rappeler aux autorités (et au nouveau collège PS-MR) les engagements "solidaires" pris par la ville de Liège, auto proclamée "ville hospitalière" depuis novembre 2017. "Plus que jamais, nous demandons aux autorités le respect de leur parole, de leurs engagements", poursuit France Arets, "les résidents de Burenville, parmi lesquels des femmes et des enfants, ne peuvent se retrouver à la rue".

Trois ans donc que, dans ces anciennes classes transformées en chambres de fortune, hommes femmes et enfants ont réussi à se poser, un peu. À Burenville, une nouvelle communauté a vu le jour mais chaque jour aussi, celle-ci vit dans la crainte de se retrouver, une fois de plus, à la rue. Le plus âgé des résidents approche les 70 ans… "et un bébé est né sur place il y a 15 jours à peine", insiste France Arets, qui n’hésite pas à rappeler "le rôle croissant joué par la Voix des Sans papiers, dans la vie culturelle, et sociale de notre ville". Ateliers de théâtre, spectacles, expositions et enfants scolarisés ; le métissage culturel a pris vie.

Très rapidement toutefois, une solution s’impose, le bâtiment ayant été vendu il y a deux ans à l’ASBL Le Perron, entreprise de travail adapté, qui devrait introduire prochainement un permis de bâtir en vue de réhabiliter le bâtiment occupé.

Ce lundi soir toujours, Antonio Gomez Garcia (PTB) et Guy Krettels (Vert Ardent), ont interpellé directement le mayeur, invoquant l’urgence. "Des gens survivent", a commenté l’élu PTB, "il faut trouver aujourd’hui une solution, comme un arrêté pour occuper les bâtiments vides par exemple". Pour Guy Kretels, "les engagements de la Ville n’ont, à ce stade, jamais été suivis du moindre effet". Et de souligner le fait que ces réfugiés "sont devenus des citoyens actifs, parfaitement intégrés".

Willy Demeyer promet une aide concrète !

En réponse aux interpellations de l’opposition, Willy Demeyer ne s’est pas dérobé mais il n’a toutefois pas apporté de solution concrète au problème de relogement des sans papiers. Il a par contre réaffirmé son souhait de trouver rapidement une solution… et sa volonté de le faire en concertation avec l’ensemble des élus. "Que ce soit clair, il n’est pas question de procéder à une expulsion. Je vais convoquer les groupes du conseil pour vérifier que nos engagements seront bien respectés. Je compte aussi sensibiliser le milieu associatif et, enfin, je compte porter le dossier devant la conférence des bourgmestres". Comprenons que des solutions de relogement seraient envisagées à l’échelle de l’arrondissement de Liège. "Mais la seule solution, pour moi, reste la régularisation".