Le nouveau directeur des musées liégeois a la passion du patrimoine

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Culture Entretien avec Pierre Paquet qui ne cache pas ses ambitions internationales.

C’était en 2011 : Jean-Marc Gay accédait à la direction des musées de la Ville de Liège. Prolongé cinq ans plus tard, il a terminé son mandat il y a peu. De quoi ouvrir la voie à son successeur, lequel vient d’être désigné au terme d’une procédure de sélection qui a débuté au printemps. Et c’est à la fin du mois de juillet que Pierre Paquet a été choisi par le collège parmi cinq candidats.

Âgé de 60 ans et Sérésien d’origine, ce nouveau venu est tout sauf un inconnu dans son domaine. L’homme est diplômé en archéologie et en histoire de l’art de l’Université de Liège. "J’étais intéressé à l’origine par tout ce qui avait trait à l’architecture et à son histoire et je suis un passionné de dessin et de patrimoine", confie-t-il. Celui qui a réalisé son TFE sur l’abbatiale Saint-Jacques, "la plus belle église de Liège", a d’ailleurs repris par la suite des études supérieures en architecture.

Stavelot, Namur, Liège

Mais c’est toutefois en montant sa première exposition avec Isabelle Graulich que Pierre Paquet s’est fait connaître. "Elle avait trait à 150 ans de restauration à Liège et elle fait encore référence", dit-il avec fierté. Fier, ce dernier l’est également de son principal fait d’armes, lequel concerne l’important programme de fouilles archéologiques mené dès la fin des années 80 à Stavelot. "Parfois contre l’avis des édiles locaux et avec peu de moyens, on a fait des découvertes remarquables et on est parvenu à mettre en valeur l’abbaye".

Après un intermède académique, Pierre Paquet intègre le cabinet de Robert Collignon, ministre en charge du Patrimoine. "Les ministres, tous socialistes, sont passés mais je suis resté…", sourit-il sans toutefois renier cette appartenance. Et ce dernier de faire référence à la "période faste" qu’il a connue en la matière jusqu’à la fin des années 90. Outre la mise en valeur de l’abbaye de Stavelot, qui ne fut selon lui possible que grâce aux subsides régionaux, il évoque le décret ayant créé l’Institut du patrimoine wallon (IPW).

S’en est suivi un intermède liégeois où il s’est occupé tant du Plan fédéral des grandes villes que de relancer le dossier compliqué du musée du Grand Curtius. Dès 2004, il rejoint l’administration régionale du Patrimoine où il sera successivement directeur de département et inspecteur général, gérant 265 agents. Il la quittera fin 2017 non sans une certaine amertume eu égard à la fusion administration-IPW désormais effective. Son nouveau poste, Pierre Paquet le voit comme "un nouveau challenge" et "un retour aux sources". Il se donne cinq ans, soit la durée de son mandat, pour "repositionner les musées comme un acteur culturel à part entière" et "renouer avec une ambition internationale".

Bruno Boutsen