Thierry Witsel, des terrains de foot et des bancs de l’école au Parlement wallon

Thierry Witsel, des terrains de foot et des bancs de l’école au Parlement wallon
©tonneau

Politique Rencontre avec le père d’Axel, élu sur la liste PS à la Région.

Lors des dernières élections, il avait constitué la surprise du chef sur la liste régionale du PS emmenée par Jean-Claude Marcourt. Il, c’est Thierry Witsel, lequel a été élu député depuis lors. Si son patronyme est connu, étant donné la brillante carrière effectuée par son fils, footballeur de renom, l’homme est assez discret voire méfiant et relativement peu connu.

Âgé de 51 ans et né en Martinique, dans les Antilles françaises, Thierry Witsel est arrivé en Belgique à 8 ans. Ses souvenirs de sa prime enfance sont peu nombreux si ce n’est que c’est par sa mère, qui venait rejoindre son père adoptif originaire de Cheratte, qu’il a atterri à Liège. Et plus précisément dans le quartier de Sainte-Walburge, avant d’élire domicile non loin de là, à Vottem. Arrivé en première primaire sans avoir été scolarisé en Martinique, Thierry Witsel a quitté prématurément les bancs de l’école. Et ce en raison de la naissance de son fils Axel alors qu’il n’avait que 20 ans. "Cela a influencé le reste de ma vie", affirme-t-il à cet égard, racontant aussi "sans gêne" être passé par la case CPAS durant plusieurs mois.

Il compare les mondes du foot et de l'école à la politique

En ce qui concerne ses expériences professionnelles, elles furent assez nombreuses. "J’ai fait un peu de tout", dit-il, évoquant ses jobs de toiturier, de plafonneur, de serveur dans un restaurant proche du Cora où sa mère était vendeuse, sans oublier les 15 années qu’il a passées au sein d’une entreprise active dans la construction et basée à Chênée. Mais son envie d’un mode de vie "plus relax" a poussé Thierry Witsel, lequel a obtenu son CAP à Jonfosse, vers l’enseignement. Spécialisé en l’espèce, soit un monde qu’il juge difficile et qu’il compare d’ailleurs à la politique, puisqu’il a enseigné la maçonnerie à l’école Saint-Vincent Ferrer à Liège durant 15 ans.

Avant son fils, lui qui a également deux filles, le football a occupé une part importante dans sa vie. Si ce n’est qu’à 20 ans, un âge décidément charnière, qu’il fait ses débuts en équipe première (il a connu différents clubs à Liège mais aussi en région hesbignonne), il jouera en équipe nationale de futsal. Thierry Witsel reste attentif tant à l’évolution de la carrière de son fils qu’il dit conseiller sur ses choix, qu’à un monde qu’il juge également proche de celui de la politique. "L’aspect lié aux négociations est important ainsi que la connaissance de ses dossiers", estime le député en herbe.

Comme il l’explique, c’est par l’entremise tant de Christie Morreale qu’il connaissait préalablement, que de Jean-Claude Marcourt qu’il a intégré la liste socialiste. Non, reconnaît-il, sans une certaine appréhension mais en ayant la volonté d’être utile. S’il dit avoir vécu "une campagne difficile au début", le contexte n’étant pas très favorable au PS, il s’en est plutôt bien sorti. "Mes fondamentaux sont la jeunesse, le sport, la formation et l’enseignement supérieur", souligne Thierry Witsel. Lequel a été surpris par son résultat électoral (près de 7 000 voix) tout en ayant constaté que "les regards des gens ont changé". Se disant en outre "vierge en politique", il a fait ses premiers pas au Parlement wallon en intervenant notamment sur le thème du sport et il juge positivement le récent accord de gouvernement tripartite.

Bruno Boutsen