"Un bon flic est un flic mort" : solide amende pour l'homme qui avait insulté Maxime Pans

Il devra sortir 4.000 euros de son portefeuille

Sébastien Ponciau

Il devra sortir 4.000 euros de son portefeuille.

Au début du mois de septembre dernier, Maxime Pans, un policier de liégeois de 33 ans, était grièvement blessé par balle à la tête après un contrôle de routine qui avait dégénéré. Aujourd'hui sorti d'affaires, le jeune papa poursuit sa rééducation mais risque de garder d'importantes séquelles à vie.

Le jour même des faits, un internaute avait posté un message scandaleux sur les réseaux sociaux, s'attirant les foudres des policiers : "Un bon flic est un flic mort", suivi de "Un assassin qui meurt, ça ne me choque pas".

Rapidement identifié, O. E. M., un Bruxellois de 29 ans qui répondait sous l'alias Hannibal Barka, a été tout aussi vite interpellé. Et renvoyé devant le tribunal correctionnel de Bruxelles. Lequel vient de rendre sa sentence : O. E. M. vient d'écoper d'une solide amende. Le Bruxellois devra sortir 4.000 euros de son portefeuille.

Pour rappel, le jeune homme avait expliqué, à l'audience, qu’au moment de se lâcher une première fois, il n’était pas à son top : “Je n’étais pas bien réveillé. Je n’avais pas compris la gravité des choses.”

Son deuxième commentaire aurait par contre été dicté par une envie de faire du second degré. “Je n’ai jamais souhaité la mort de quelqu’un.” En fait, il aurait voulu faire allusion à des propos qui circulent lorsqu’il y a mort d’homme. Du genre : “Oui mais ce n’est pas grave, c’est un arabe ou c’est un dealer.” Une subtilité que le président du tribunal n’a pas saisie à la lecture de cette deuxième salve.

Les avocats d’O.E.M. avaient plaidé l’incompétence du tribunal à juger cette affaire, qui prend la forme selon eux d’un délit de presse, soit une expression d’une opinion ou d’une pensée par voie de presse ou numérique, devant dès lors se traiter devant une cour d’assises. En pratique, il est rare que cette instance soit encore saisie de ce type de délit.

La défense avait plaidé l’acquittement, à défaut la suspension du prononcé, considérant qu’il n’y a pas eu allusion à un fait précis, de nature à porter atteinte à l’honneur d’une personne. Il ne s’agirait donc pas d’une calomnie. “Aussi détestables soient les propos, ils relèvent de la liberté d’expression.. Je vous demande de ne pas faire de lui quelqu’un qui va payer pour tout le monde”, avait encore plaidé Me Marchand.

Le ministère public avait contre-attaqué, estimant que les propos tenus par cet homme sur Facebook étaient inacceptables : “Bien sûr, ce n’est pas la première fois qu’il y a de l’incitation à haine sur des espaces sociaux. Mais ici, le seuil est dépassé. La loi doit intervenir.”

Au final, la qualification de propos calomnieux n'a pas été retenue par le tribunal, qui lui a préféré celle de propos injurieux à l'égard de représentants des forces de l'ordre.

"Un bon flic est un flic mort" : solide amende pour l'homme qui avait insulté Maxime Pans
©D.R.