L’explosion meurtrière de Liège enfin devant le tribunal: "Justice pour mon fils", clame le papa d’Alexis

Le tribunal devrait enfin examiner le drame qui a coûté la vie à 14 personnes.

Sarah Rasujew
L’explosion meurtrière de Liège enfin devant le tribunal: "Justice pour mon fils", clame le papa d’Alexis
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Le tribunal devrait enfin examiner le drame qui a coûté la vie à 14 personnes.

Ce jeudi, le tribunal correctionnel de Liège va entamer l’examen du fond du dossier de l’explosion qui s’est produite dans la nuit du 26 au 27 janvier 2010 dans la rue Léopold. Mais cette audience préliminaire devrait fixer un calendrier qui reportera les prochaines audiences au minimum en janvier 2020, soit dix années après le drame qui a coûté la vie à quatorze personnes et fait des dizaines de blessés.

La chambre des mises en accusation a décidé de renvoyer devant le tribunal correctionnel le propriétaire de l’immeuble numéro 18 de la rue Léopold, la partie prévention du service régional d’incendie et deux employés de la Ville de Liège du service santé publique.

En revanche, le bourgmestre de Liège, Willy Demeyer, les directeurs généraux de la Ville et la compagnie du gaz ont obtenu un non-lieu et ne seront donc pas poursuivis.

Dix ans plus tard, Benoît Robert, le papa d’Alexis, un des jeunes hommes qui a perdu la vie, témoigne. Il regrette que toutes les personnes inculpées n’aient pas été renvoyées. "Tout le monde n’a pas été renvoyé à la barre comme je l’aurais voulu", regrette Benoît Robert. "Je suis toutefois satisfait du procès pour le moment. Je crains que les avocats ne sortent des effets de manche de leur chapeau pour retarder les choses ou les empêcher de se produire."

Le papa espère que chacun répondra de ses actes devant le juge. "Je veux que le procès soit serein et que chaque inculpé soit puni par rapport à ce qu’il a fait. Les rapports des experts relèvent des choses concrètes. Les responsabilités sont clairement définies. Je pense qu’il n’y a pas moyen d’aller au-delà, de trouver une échappatoire pour ceux qui sont responsables."

Cela fait dix ans que les faits se sont produits mais l’homme n’est pas étonné de la longueur de la procédure. "Tout prend du temps. Tout est traîné en longueur parce qu’il manquerait du personnel. En attendant, il y a des victimes derrière les dossiers. Les victimes attendent un procès qu’elles espèrent équitable. Je pense que la prescription ne pourra pas être soulevée par les prévenus. Je ne veux pas que l’on vienne avec des évocations de retards ou des vices de procédure."

L’homme estime que la justice doit être rendue. "On peut évoquer le fait que certains n’ont pas d’antécédents ou n’ont rien commis depuis les faits. En tous les cas, ils devront répondre des manquements et de ce qu’ils ont fait à l’époque."

À l’entame du procès, Benoît Robert se dit confiant, mais reste sur ses gardes. "Je suis serein et je crois en la justice pour autant qu’elle soit raisonnable. J’espère que la justice ne sera aucunement influencée par la mouvance mafieuse de la politique liégeoise."

Les audiences devraient se tenir dans le courant de l’année 2020. Le calendrier sera fixé dès ce jeudi matin.