"Un déferlement de violence" dans le centre-ville de Liège: le point sur ce que l'on sait

La Ville et la zone de police ont fait le point ce dimanche matin.

"Un déferlement de violence" dans le centre-ville de Liège: le point sur ce que l'on sait
©Tonneau Michel

Ce dimanche matin, la Ville de Liège et la zone de police ont dressé un premier bilan suite aux émeutes survenues la veille dans le centre-ville.

Et ce pour rappel au départ d'une manifestation "Black Lives Matter" organisée en réaction à l'arrestation musclée d'une dame d'origine congolaise.

Laquelle, précisent de leur côté ses responsables, s'est plutôt bien déroulée sur la place Saint-Lambert en présence d'une petite centaine de personnes.

Des scènes d'émeutes ont eu lieu au départ de la place de la République française où un motard de la police de Liège a été agressé par des jeunes casseurs, entre 200 et 300 au total.

S'en est suivi, selon le chef de corps Christian Beaupère, " un déferlement de violence" qui s'est abattu sur le centre-ville où se tenait égalelemnt l'action "Still standing for Culture".

C'est à l'arrière du passage des chars des forains et de l'événementiel que des actes de violence visiblement préparés en amont, toujours selon ce dernier, ont débuté.

Des dégradations importantes et un soutien au commerce

Ainsi donc, il fut notamment question de vitrines de commerces brisées, de faits de pillage et de vol ainsi que d'autres dégradations intervenues dans l'espace public.

Un exmple marquant étant constitué selon le bourgmestre Willy Demeyer par les galeries Saint-Lambert, lesquelles ont subi un lourd tribut, au niveau de leur façade notamment.

La nuit de samedi à dimanche a d'ailleurs été consacrée à tenter d'effacer les traces. " La Ville réitère son appel au calme et assure les commerçants de son soutien", s'est-il exprimé.

Tant le bourgmestre que la Première échevine ont condamné ces débordements et ont annoncé plusieurs mesures telles que la mise sur pied urgente d'un plan de soutien au commerce.

En outre, Willy Demeyer est brièvement revenu sur l'événement qui aurait mis le feu aux poudres, mettant en avant " un dialogue entamé vendredi soir avec la communauté subsaharienne".

" Ses représentants n'ont pas soutenu la manifestation de ce samedi après-midi qui n'a été ni autorisée, ni interdite, de manière à laisser le champ libre à la police pour intervenir si nécessaire".

36 policiers blessés et 10 jeunes casseurs arrêtés

Déplorant " un phénomène de casseurs", venus de Liège et de sa périphérie mais aussi de Bruxelles, le chef de la police liégeoise a fait état de 36 policiers blessés dont 9 hospitalisés.

Estimant que " la situation liée au Covid-19 n'a rien arrangé" et réfutant toute accusation de racisme, il a affirmé que "l'arrestation judiciaire récente a été un prétexte pour casser".

A ce stade et alors que l'enquête judiciaire n'en est visiblement qu'à ses prémisses, seules 10 personnes ont été arrêtées, 6 judiciairement et 4 administrativement.

Parmi ces dernières, on ne dénombre que 3 individus originaires de Liège et 4 mineurs, les autres jeunes casseurs interpellés étant âgés entre 20 et 30 ans.

Les 4 mineurs interpellés, dont 1 pour jet de pavés, ont été mis par le parquet à la disposition du juge de la jeunesse et quant aux 2 majeurs nés en 1996 et 1998, leur dossier a été mis à l'instruction.

Quant au dispositif policier présent sur place, il a été jugé suffisant, de 120 au départ à 250 au final, des renforts de la police fédérale étant aussi intervenus.

"La police liégeoise n'est pas raciste"

" L'ordre public a été rétabli et la police a agi avec discernement et proportionnalité", a souligné Christian Beaupère, pointant la responsabilité des réseaux sociaux.
Tout comme Willy Demeyer, il a évoqué " une nécessaire adaptation des moyens d'action de la police", notamment en scrutant davantage ces derniers.
Concernant l'arrestation polémique pour laquelle un dossier judiciaire a été ouvert au parquet, il a insisté sur le fait que " la police liégeoise n'est pas raciste".
Mais, faisant référence aux événements dramatiques qu'elle a eu à connaître récemment, d'affirmer qu'elle est bel et bien sous tension actuellement.