Le bourgmestre de Liège interdit la manifestation du mouvement d'extrême-droite Nation

Le bourgmestre de Liège, Willy Demeyer, interdit la manifestation prévue samedi par le mouvement d'extrême-droite Nation dans la Cité ardente et toute autre forme de contre-manifestation, annonce-t-il vendredi.

Le bourgmestre de Liège interdit la manifestation du mouvement d'extrême-droite Nation
©Tonneau Michel
BELGA

La décision a été prise en concertation avec le chef de corps de la zone de police de Liège, Christian Beaupère, et le procureur du Roi Philippe Dulieu. Dans le cadre de la fête du travail du 1er mai, "de nombreuses organisations politiques ont demandé l'autorisation de se rassembler dans le respect des mesures sanitaires conformément à l'arrêté ministériel. Beaucoup ont été acceptées, le bourgmestre a refusé la tenue de manifestations liées à l'extrême-droite (Nation) et de toute autre contre-manifestation", détaille un communiqué de la Ville.

La semaine dernière, plusieurs associations liégeoises, soutenues par la FGTB de Liège Huy Waremme, avaient annoncé vouloir se réunir ce premier mai et occuper la place Saint-Lambert, dans le centre de Liège, afin de ne pas laisser la place au mouvement d'extrême-droite Nation. Ce dernier avait appelé au rassemblement pour dénoncer un sentiment d'insécurité croissant en Cité Ardente, selon lui, après la fusillade survenue le 16 avril dernier à Droixhe. La présence de Carrera Neefs, membre de Schild & Vrienden, était prévue. Cette ancienne élue du Vlaams Belang avait été exclue du parti d'extrême-droite flamand à la suite d'un hommage à un soldat nazi décédé.

Le mouvement antifasciste "La Cible", à l'origine de la contre-manifestation, avait alors dénoncé une tentative de récupération du premier mai de la part de Nation.

Par ailleurs, un "important dispositif policier, visible et invisible" est prévu ce week-end à Liège, plusieurs lieux culturels ayant annoncé leur intention d'ouvrir dans le cadre de l'action de protestation "Still standing for culture". L'horeca, lui, avait fait marche arrière quant à son intention de rouvrir ses terrasses le 1er mai, une semaine en avance sur les prescriptions du Comité de concertation.

Le déploiement policier est prévu "tant pour des missions de surveillance que d'intervention", prévient le communiqué de la Ville de Liège. La police fédérale sera également présente en renfort. "La gestion négociée de l'espace public sera la priorité", explique ce communiqué. "Le maître-mot sera de mettre l'accent sur les organisateurs et d'éviter les troubles à l'ordre public." Le bourgmestre et le chef de corps font appel à la responsabilité de chacun.