Liberty steel en réorganisation judiciaire

La demande a été introduite devant le tribunal de l'entreprise de Liège et accordée de mardi.

Liberty steel en réorganisation judiciaire
©bortels

C’est une nouvelle étape dont la direction locale de Liberty Steel se serait volontiers passée. En effet, elle a introduit devant le tribunal de l'entreprise de Liège une demande de PRJ, comprenez par là une procédure de Réorganisation Judiciaire.

Comme l’indique son nom, la procédure de réorganisation judiciaire (PRJ) a pour but de préserver, sous le contrôle du juge, la continuité de tout ou partie des actifs ou des activités de l’entreprise. La procédure de réorganisation judiciaire est ouverte si la continuité de l’entreprise est menacée, à bref délai ou à terme, c’est dire…

On le sait, la situation du groupe Liberty Steel qui emploie 760 travailleurs (Ferblatil à Tilleur, Galva IV et V à Flémalle) dans le bassin liégeois est plus que compliquée.

Pour rappel, la société anglaise Greensill Capital, la banque interne de Liberty Steel a été mise en faillite, rendant ainsi difficile tout approvisionnement à Liège puisque les fournisseurs ne sont plus payés ou craignent de ne pas l’être.

D’ailleurs, les sites liégeois de Liberty Steel tournent à 40 % de leurs possibilités, avec le chômage que cela implique pour le personnel, y compris les employés.

Les choses sont telles qu’en avril dernier, la société a demandé au tribunal de l'entreprise de Liège, la désignation d’un médiateur dont la mission était de trouver des candidats investisseurs. Un mauvais signal, comme nous l’écrivions à l’époque, dans la mesure où ce genre de désignation débouche régulièrement sur une demande de PRJ (Procédure de réorganisation judiciaire), elle-même considérée par d’aucuns comme l’antichambre de la faillite…

La seule bonne nouvelle dans ce mauvais scénario, c’est qu’il semble déjà acquis que la plupart des créanciers actuels de Liberty Steel ont accepté le principe de cette PRJ et veulent donc laisser une chance au sidérurgiste. Le premier de ces créanciers n’est autre qu’ArcelorMittal qui a donc décidé de jouer le jeu.

La demande a donc été introduite et le tribunal de commerce a marqué son accord ce mardi. Cette PRJ met donc Liberty Steel à l’abri de ses créanciers pour une période de six mois renouvelable. À elle de trouver des liquidités et sans doute de changer de stratégie dans cette période de protection. Un conseil d’entreprise extraordinaire est en cours pour permettre à la direction d’avertir les représentants des travailleurs.

En cas de faillite, les 760 travailleurs perdraient leur emploi et n’auraient accès à aucun plan social. C’est dire si l’inquiétude est de mise…