"Applaudis puis bannis", "Patient intubé - Soins entubés"... Grogne du personnel infirmier du CHU de Liège

La plupart des passants ont manifesté leur soutien en klaxonnant.

J. Def.

"Applaudis puis bannis", "Patient intubé - Soins entubés", "Personnel maltraité - Patients en danger", "Réanimation en grève" ou encore "De la reconnaissance pour nos compétences" sont autant de messages que l'on pouvait lire sur les panneaux et pancartes que ces infirmières et infirmiers en colère brandissaient. Ils étaient une bonne centaine, en ce début d'après-midi, à s'être rassemblés au rond-point principal menant au centre hospitalier. Des infirmières et infirmiers de différents services mais aussi quelques médecins venus leur apporter leur soutien.

L'endroit n'était pas anodin... et avait forcément été choisi afin de bénéficier d'un maximum de visibilité. Et le moins que l'on puisse écrire, c'est qu'ils ont été vus mais aussi que leur action s'est bien fait entendre... Ainsi, tout en brandissant leurs panneaux et pancartes affichant leurs messages de colère, ils ont sollicité le soutien des conducteurs qui franchissaient le rond-point en les invitant à klaxonner. A l'exception de quelques pressés ou peut-être frustrés, les passants ne se sont pas fait prier, klaxonnant pour certains à tue-tête...

Cette action visait à exprimer leur mécontentement vis-à-vis de l’harmonisation des barèmes des secteurs public et privé. Une action qui arrive dans la continuité des mouvements observés les 14 et 15 juin derniers dans plusieurs hôpitaux publics wallons. Ici aussi, à l'appel de la CSC Services publics, le personnel infirmier du CHU de Liège a dénoncé le projet d'harmonisation des barèmes privé/public (IFIC-Institut de Classification des Fonctions), pour lesquels des discussions sont lancées depuis fin 2018 entre les organisations syndicales et patronales.

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© J. DEF.


Au terme du travail réalisé au sein du groupe de pilotage IFIC, il s'agit désormais d'élaborer des protocoles relatifs aux descriptions de fonctions et à la validation des barèmes. La CSC Services publics signale avoir marqué son accord sur le protocole relatif aux descriptions de fonctions mais pas concernant la validation des barèmes.

La CSC estime que ce projet d’harmonisation présente trop d’incertitudes et réclame, dès lors, des garanties.

"Aucune garantie n’est présentée par les représentants de l’IFIC quant au sort des agents statutaires dans ce système et ses répercussions", relève Pierre Boulanger, secrétaire permanent CSC Services publics.

De plus, la CSC considère que "l'irréversibilité du choix dans l’IFIC n’est pas cohérente". "Avec tous les changements qui peuvent survenir dans une carrière, le travailleur doit pouvoir bénéficier du barème le plus avantageux tout au long de sa carrière. Cette opération a été prévue lors du transfert des maisons de justice en Fédération Wallonie-Bruxelles en 2014. Dès lors, affirmer que c’est ingérable n’est pas correct", conclut le permanent syndical.