Les travailleurs d’ESB gagnent leur procès !

Ils vont être indemnisés 5 ans après la "faillite" de leur entreprise.

Seraing - conflit social ESB - Green Elephant
©Michel Tonneau

Les images en avaient choqué plus d’un mais avaient également traduit le désarroi des travailleurs de l’entreprise ESB de Seraing.

En avril 2016, ils avaient mis à sac leur usine, apprenant qu’ils avaient été grugés par leurs patrons qui, selon eux, par un jeu de passe-passe entre "propriétaires" étaient parvenus à tomber en faillite, évitant ainsi de devoir les indemniser, dans le cadre d’une procédure Renault qui était en cours.

5 ans plus tard, après trois audiences devant tribunal de l’entreprise de Liège, un jugement a été prononcé ce mercredi et donne raison aux travailleurs. "Il est historique", selon les syndicats, "car il reconnaît explicitement que GMH (le propriétaire) a contourné ses obligations envers les travailleurs".

Ce sont 83 travailleurs, soutenus par un avocat mandaté par trois de leurs organisations syndicales (CSC Metea, FGTB Metal et SETCa-FGTB), qui étaient allés en justice fin 2018 pour faire valoir leurs droits.

Flash back : fin décembre 2014 alors que les préavis allaient être distribués au personnel et que l’entreprise était à l’arrêt, GMH, le propriétaire allemand d’ESB, annonçait qu’il passait la main à la société REM, un holding financier luxembourgeois. GMH qui avait rédigé ses préavis et même négocié un plan social qui n’a jamais été appliqué avec la venue providentielle d’un repreneur a donc, à ce moment, réalisé une fameuse économie.

C’est là que, selon les syndicats, les choses étaient plus que louches. "En effet", expliquait à l’époque Jordan Atanasov de la CSC, "par la cession de l’entreprise, GMH a économisé le coût du plan social, soit environ 8 millions. Et pour permettre à REM de racheter l’entreprise, GMH lui a même prêté de l’argent."

Dommages

Finalement, la société est tombée en faillite et le personnel n’a été indemnisé que par le fonds de fermeture. Depuis, la société REM est devenue Green Elephant avant de disparaître dans les limbes.

"Ce qui est remarquable dans le jugement de ce jour c’est que le tribunal reconnaît et motive sur plus de 20 pages le fait que GMH a sciemment contourné ses obligations envers les travailleurs en vendant à un repreneur qu’il savait non fiable. Nous avons donc eu raison de ne pas laisser tomber et de nous lancer dans une procédure judiciaire longue… qui n’est pas encore totalement finie", soulignent les organisations syndicales.

En effet, l’audience pour la fixation des dommages dont devra s’acquitter GMH envers les 83 travailleurs étant allés en justice est fixée au 15 septembre prochain.