"Ils leur ont dit de rentrer chez eux alors qu'ils ont tout perdu": 20 sinistrés liégeois menacés de se retrouver à la rue

Une vingtaine de victimes des inondations qui ont frappé la région de Liège il y a bientôt deux semaines s’attendent à vivre un deuxième déchirement d’ici la fin du mois. Hébergés depuis la catastrophe dans une résidence pour étudiants, ils vont devoir bientôt quitter leur abri de fortune sans avoir à ce stade d’autre perspective d’accueil.

"Ils leur ont dit de rentrer chez eux alors qu'ils ont tout perdu": 20 sinistrés liégeois menacés de se retrouver à la rue
© Aurélien Goubau

“Après les inondations, j’ai recueilli des personnes sinistrées dans un état de détresse profond. J’ai mis à leur disposition des chambres d’étudiants en précisant bien que la solution n’était que temporaire. Les étudiants reviennent en effet le premier août, je suis donc obligé de libérer les chambres le 31 juillet au plus tard. Dimanche, je vais donc devoir prendre la responsabilité de les mettre à la rue car je n’ai pas la place ni les moyens de les garder. Au niveau psychologique, ça va être une vraie catastrophe pour eux comme pour moi’, déplore Carl Mélon, manager de l’Avroy Student House à Liège. Le gérant se démène depuis près de deux semaines pour trouver une solution plus durable pour les sinistrés.  "J’ai contacté les services sociaux de la ville pour les mettre au courant de la situation. Dans un premier temps, ils m’ont dit qu’ils trouveraient une solution d’ici le 31 juillet. Mais lundi soir, des travailleurs sociaux ont dit aux sinistrés qu’ils pouvaient retourner chez eux. C’est totalement aberrant, il n’y a plus d’eau ni d’électricité dans leurs maisons. Ces personnes ont tout perdu et on leur dit de retourner chez elles! On nous a aussi dit que les services sociaux étaient débordés. On nous a annoncé à un moment que les personnes pourraient être hébergées dans un hôtel mais finalement on nous a dit que ce n'était plus possible car les chambres auraient été réservées pour un tournage de film", raconte-t-il.

Le président du CPAS de Liège, Jean-Luc Bonjean indique être à la recherche d'une solution.  “On est bien conscients du problème et on s’emploie à trouver une solution. Une négociation est en cours pour trouver des options plus pérennes. La ville de Liège travaille activement avec nos services pour trouver des places à moyen et à long terme”, affirme-t-il. Le président ne confime ni n'infirme l'histoire du tournage de film. “ Tout ce que je peux dire c'est que beaucoup d’hôtels collaborent avec nous mais chaque établissement a son agenda qui comporte des réservations diverses et variées. Chacun a ses contraintes.”, indique-t-il.