À Liège, de fausses infirmières dépouillaient des retraités

Sous couvert de Covid, elles venaient à domicile. Il y a plus de 30 victimes et 100 000 euros de butin.

À Liège, de fausses infirmières dépouillaient des retraités
©AVPRESS

La criminalité est toujours prompte à s’adapter. Ainsi de la crise du Covid. Une organisation criminelle a réussi à extorquer de l’argent et des valeurs à des personnes âgées grâce à de fausses infirmières qui se présentaient chez elles.

Quatre mandats de perquisition ont été menés en région liégeoise et sept personnes ont été interpellées dans le cadre de cette enquête lancée début 2021 et concernant de fausses infirmières qui se présentaient chez des personnes âgées pour réaliser des tests Covid en vue de leur subtiliser de l’argent, a indiqué le parquet de Liège.

Le préjudice approche les 100 000 euros en liquide en plus de bijoux en or volés. Près de 30 victimes ont été dénombrées et douze faits ont été mis à l’instruction.

Les auteurs appartiennent à la communauté des gens du voyage sédentarisée, originaire d’ex-Yougoslavie. Il s’agissait d’une "véritable organisation criminelle familiale bien rodée dans laquelle chacun jouait un rôle", précise le parquet de Liège.

À chaque fois, le modus operandi était similaire. Les victimes ciblées étaient des personnes âgées aux domiciles desquelles les fausses infirmières se présentaient. Elles portaient des perruques et de fausses lunettes. D’emblée, elles sollicitent un paiement électronique de faible valeur via un faux terminal (digipass) dans lequel la victime introduisait sa carte et composait son code.

Les fausses infirmières voyaient ainsi le code. La victime était alors priée de se rendre à la salle de bains avec une des deux femmes pour faire le test. La deuxième subtilisait alors la carte de banque et recherchait les bijoux. Après un pseudo-test avec un coton-tige, elles quittaient les lieux.

Des achats et retraits d’argent en pagaille

La bande réalisait alors des achats de vêtements, chaussures, parfums, cosmétiques, cartes de recharge de téléphone, d’alcool ainsi que des retraits en espèces dans différents self-banking de la région liégeoise.

Les enquêteurs ont réussi à relier les personnes interpellées aux faits notamment grâce à la saisie de deux digipass, probablement utilisés pour soutirer les cartes et les codes aux victimes, une boîte de cotons-tiges semblables à ceux utilisés lors des faits, un véhicule ayant servi au repérage des victimes, divers vêtements de marque pour femmes et enfants ainsi que de nombreux cosmétiques achetés avec les cartes de banque des victimes.

Après avoir été entendus par le magistrat instructeur, cinq suspects ont été placés sous mandat d’arrêt. Une jeune fille mineure d’âge a été placée en institut public de protection de la jeunesse (IPPJ) et une septième personne a été placée sous bracelet électronique.

L’enquête se poursuit sous l’autorité de la juge d’instruction Joliet.

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