30 millions pour prendre en charge les déchets

Le site du Wérihet devrait être dégagé dans les deux mois. Pour l'A601, ce sera (beaucoup) plus long...

30 millions pour prendre en charge les déchets
© BELGA

Jeudi, le Gouvernement de Wallonie a adopté les orientations relatives à la prise en charge de la gestion des déchets générés par les inondations de juillet.

Actuellement, sur base des rapports journaliers transmis par la COPIDEC (Conférence Permanente des Intercommunales wallonnes de gestion des Déchets) à la Ministre de l’Environnement, Céline Tellier, on peut considérer que la situation inhérente à la gestion de crise des déchets issus des inondations est globalement sous contrôle au sein des zones intercommunales impactées (InBW, TiBi, BEP Environnement, IDELUX et INTRADEL).

Selon les dernières informations transmises par la COPIDEC, les quantités de déchets ménagers et professionnels mélangés issus des inondations (hors terres charriées par les eaux et hors déchets encore présents dans et le long des cours d’eau) peuvent être estimées à environ 155 000 tonnes au minimum. Cela représente un gisement au minimum équivalent aux déchets encombrants déposés par tous les ménages wallons aux recyparcs en un an

Ce gisement est encore susceptible d’évoluer suite à la poursuite des opérations de nettoyage et au recensement permanent de sites de stockage temporaires mis en place dans l’urgence au niveau des différentes communes sinistrées..

À ce stade, environ 10 % du gisement total de déchets identifié a déjà été traité (incinération, mise en Centre d’Enfouissement Technique -CET-) ou prétraité (tri, broyage…). En ce qui concerne le solde à gérer, les décisions opérationnelles doivent maintenant surtout être prises au regard de la situation de la zone intercommunale liégeoise (INTRADEL) qui, en termes de gisement de déchets, représente 90 % du gisement global estimé.

Pour rappel, deux sites de stockage temporaires de grande ampleur ont dû être mis en œuvre en urgence. Il s’agit du site du Wérihet à Wandre et du site de l’autoroute A601 au nord de Liège.

La mise en CET, des déchets constitue le mode de gestion le moins vertueux sur le plan environnemental et socio-économique. Pour le Gouvernement, les mesures à prendre se doivent donc d’intégrer au maximum l’atteinte des objectifs ambitieux qu’il s’est fixés en matière d’économie circulaire (réduction autant que possible de l’incinération et de la mise en CET au profit de la valorisation matière).

Dès lors, la mise en CET des déchets générés par les inondations doit être considérée comme un mode de gestion alternatif, à activer en dernier recours.

En outre, la mise en CET du gisement total des déchets issus des inondations n’est pas un scénario envisageable et réaliste pour le Gouvernement wallon, compte tenu des capacités d’accueil actuelles de ces types de déchets, ces capacités risquant d’être trop rapidement saturées au détriment de la gestion courante des déchets ménagers ultimes qu’il faut encore enfouir en CET.

Par conséquent, le Gouvernement a décidé d’activer une combinaison d’autres scénarios, au regard des caractéristiques des lots de déchets et des capacités de traitement de la Wallonie, pour gérer les déchets recensés actuellement, à savoir :

- le tri-valorisation des déchets, qui consiste à opérer un tri poussé, autant que faire se peut, des déchets en vue d’optimiser le taux de valorisation matière des déchets qui pourrait atteindre 20 à 30 % du gisement,

- le stockage temporaire de déchets avant et après le tri, pour permettre un acheminement régulier des déchets vers leurs exutoires finaux (incinération pour l’essentiel)

- l’incinération des déchets après un tri préalable permettant de ne pas endommager les installations

- la mise en CET des déchets stockés sur le site du Wérihet (environ 20 000 tonnes, après une phase de tri sécuritaire et un broyage),

- l’évacuation des terres charriées vers des centres de traitement de terres polluées, avec traitement éventuel (pour un volume actuel estimé à 40 000 tonnes).

La mise en œuvre combinée de ces différentes options majoritairement en Belgique, compte tenu des capacités de gestion (CET, incinération) limitées dans les pays limitrophes nécessitera l’intervention d’opérateurs privés, raison pour laquelle le Gouvernement a chargé la SPAQuE d’établir un cahier des charges intégrant les options retenues en vue d’attribuer les marchés publics nécessaires. Le coût des opérations qui devraient s’étaler sur une période de l’ordre d’une année, est estimé, dans un premier temps, à environ 30 millions d’euros.

Vu les nuisances générées par les activités sur le site de Wérihet, la décision a été prise, en accord avec le Bourgmestre de Liège, de stopper les apports de déchets sur le site depuis le 5 août dernier. Vu l’urgence, une partie des déchets présents a déjà subi un premier tri de type “sécuritaire” (retrait notamment des éléments dangereux comme des bonbonnes de gaz et des électroménagers) et un pré-tri “grossier” (troncs d’arbres, morceaux de route…) avant d’être broyés pour réduire leur volume en vue d’être exceptionnellement mis en CET. L’ensemble des opérations sur le site du Wérihet devraient être terminées endéans les deux prochains mois.