Amay : Luc Mélon annonce sa démission 

L’Ecolo présidait le CPAS tout en gérant les finances communales. Un pilier s’en va.

Amay : Luc Mélon annonce sa démission 
© Heymans
Frédéric Renson

Quand en 2018, Luc Mélon a été réélu sur la liste Écolo à Amay, il s’était engagé à passer le relais à mi-législature. Finalement, le gérant d’un bureau d’assurances dans le centre amaytois et à Seraing prend aujourd’hui un peu tout le monde de court en démissionnant de tous ses mandats : conseiller de l’action sociale, président du CPAS et conseiller communal avec les finances à gérer au sein du collège.

“Ce n’est pas beaucoup plus tôt que ce que j’avais initialement annoncé puisque j’aurais de toute façon arrêté en décembre prochain”, confie Luc Mélon qui, à 56 ans, ressentait depuis plusieurs mois le besoin de se recentrer sur sa vie privée suite, notamment, aux décès successifs de plusieurs proches.

“Je me suis rendu compte que je ne pensais que CPAS et Commune. Je n’arrivais pas à m’en détacher. À la maison, ça m’énervait quand mes enfants abordaient d’autres sujets. Au bureau d’assurance, pareil. Et quand j’allais voir papa, je ne lui parlais aussi que de cela. Son décès à la mi-avril a été un déclencheur. J’étais vraiment trop à fond dedans. J’ai envoyé ma lettre de démission il y a deux semaines. Mais, en réalité, je ne suis plus du tout actif depuis la fin juin. Ni au CPAS, ni à la Commune, et j’ai demandé à ne plus être rémunéré évidemment.”

Présidente faisant fonction

Au CPAS, comme elle a toujours suppléé Luc Mélon quand il devait être absent, c’est la conseillère Marie-Ange Stalmans (Écolo) qui fait fonction. “Je me suis déconnecté de tous les groupes whatsapp que nous avions avec les conseillers du CPAS et ceux de la Commune. Il fallait que je tourne la page et je le fais sans regret. Il n’y a rien d’autre que ce besoin urgent de me recentrer sur ma vie privée, souligne celui qui a parfois pu aller au clash avec son bourgmestre. C’était très sain, car tant Jean-Michel que moi ne sommes pas des rancuniers. Et on a toujours eu l’intelligence de se rallier ensuite à la majorité. Chaque échevin ose, en fait, dire les choses en face. C’est bien d’avoir une petite opposition en interne.”

Reste que 21 années de politique communale dont 15 dans la majorité, cela marque un homme. Avec peut-être une satisfaction particulière ?

“Pas au niveau de ce que j’ai pu réaliser personnellement. Je suis plus heureux d’être arrivé avec l’ensemble du collège communal à ce que chaque Amaytois soit traité sur un pied d’égalité.”

Une erreur à confesser peut-être aussi ? “J’ai trop joué le rôle de chef de service et pas d’échevin les dix premières années. On essaie de se faire apprécier de tout le monde, mais on doit être au-dessus de la mêlée. J’ai apprécié être continuellement sur les chantiers mais… J’étais trop dans les dossiers à la place d’être dans la décision”, termine celui qui compte rester actif au sein de la locale Écolo mais plutôt en appui et pourquoi pas au sein du comité des sages appelé à former la liste lors des élections.