Situation tendue à Spa entre les responsables du centre de réfugiés et les autorités locales

414 personnes sont aujourd'hui présentes sur le site dans des conditions de logement difficiles alors qu'il avait été convenu de limiter la capacité du centre à 300 résidents.

Situation tendue à Spa entre les responsables du centre de réfugiés et les autorités locales
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La situation est tendue à Spa entre les responsables du centre de réfugiés Sol Cress et les autorités locales. Au total, 414 personnes sont aujourd'hui présentes sur le site dans des conditions de logement difficiles alors qu'il avait été convenu de limiter la capacité du centre à 300 résidents, ce qui engendre des nuisances, explique ce mercredi la bourgmestre Sophie Delettre (MR) par communiqué de presse. "Cette augmentation du nombre de personnes susceptibles d'être accueillies s'explique par la volonté, aujourd'hui concrétisée, de réunir dans une même chambre (de l'ordre de 16m²) jusqu'à 4 personnes isolées ne formant pas un seul et même ménage", dénonce la bourgmestre dans son texte.

Cela fait maintenant des semaines que le collège communal nourrit de vives inquiétudes quant au fonctionnement du centre et à l'existence de risques majeurs pour la sécurité et la santé publiques. "Nous ne pouvons tolérer davantage l'absence de prise en charge adéquate des résidents, et par conséquent les troubles qui en découlent et qui sont subis par la Ville et ses habitants", poursuit Sophie Delettre.

Une réunion, qui a été suivie d'une visite au centre, a eu lieu ce lundi 27 septembre à l'administration communale en présence des représentants de Svasta, actuels gestionnaires, de l'agence fédérale pour l'accueil des demandeurs d'asile (Fedasil), de la Ville et de deux députés fédéraux. Au terme de l'entrevue, outre la capacité maximale non respectée, les autorités ont constaté de multiples problèmes, indiquent-elles.

Certaines modalités d'accueil n'ont ainsi pas été respectées, notamment en ce qui concerne le respect du protocole Covid. La zone de police locale a dû intervenir à de multiples reprises tant sur le site que sur le territoire communal en raison d'incidents liés à des résidents. "Les phénomènes constatés s'expliquent notamment à mon sens par l'insuffisance du gardiennage de sécurité sur site ainsi qu'un encadrement largement insuffisant des résidents", estime la bourgmestre qui est désormais inquiète quant à la possibilité de garantir la sécurité publique.

A cela s'ajoutent "de multiples déficiences quant à l'existence d'un plan interne d'urgence adapté, quant à la maîtrise des procédures par les membres du personnel ou les résidents ou encore quant aux installations sur site". La police confirme que des risques majeurs pour la sécurité des personnes existent.

C'est pourquoi les autorités locales envisagent d'adopter un arrêté de police qui imposerait de multiples mesures et une limitation provisoire du nombre de résidents à 415. La mise en oeuvre de cet arrêté n'a pas encore été fixé.

Rappelons qu'en avril dernier Svasta avait fait l'objet de critiques de la part du collectif liégeois "Migrations libres" concernant des manquements, cette fois au centre de réfugiés de Jalhay. Il était ainsi question de négligences en matière de soins de santé, de manque de médicaments, de pressions de la direction ou encore de manque de personnel.

Fedasil admet des dysfonctionnements internes

Sollicitée sur le sujet par l'agence Belga, l'agence fédérale pour l'accueil des demandeurs d'asile admet subir une certaine pression sur son réseau d'accueil et connaître des problèmes d'organisation interne à Sol Cress. Fedasil assure toutefois que le centre en question correspond à la norme et offre un accompagnement de qualité aux résidents.

"On a été contraint d'augmenter le rythme des arrivées de demandeurs d'asile à Sol Cress", explique Benoît Mansy, porte-parole. "On s'était mis d'accord avec les autorités communales pour des arrivées progressives avec des évaluations intermédiaires mais vu la pression sur le réseau d'accueil, on a été forcé d'augmenter la cadence et on a activé les places de réserve disponibles sur le site".

Les inondations ont aussi fait perdre à l'agence fédérale certaines places d'accueil et des personnes rapatriées d'Afghanistan doivent être hébergées. Une situation générale qui a un impact sur le confort du centre et sur les relations avec les voisins.

L'équipe en place sur Spa, jeune et nouvelle, a de son côté des difficultés à gérer le tout. "On a demandé au gestionnaire de mettre en place des actions pour rétablir l'ordre, c'est important que ça se passe bien", poursuit Fedasil qui a aussi annoncé l'envoi cette semaine d'un conseiller en prévention sur le site.

En ce qui concerne les mesures Covid, l'agence précise que le centre est de couleur verte et que des chambres d'isolement sont prévues pour les malades. Enfin, une campagne de vaccination devrait bientôt être lancée.