Un énorme manque d’anticipation du "public"

Inondations Le député Philippe Dodrimont s’étonne de la différence de gestion entre privé et public.

Un énorme manque d’anticipation du "public"
©BELGA

Une nouvelle journée d’auditions au sein de la commission spéciale sur les inondations ce vendredi à Namur… et une nouvelle fois des propos jugés "surprenants". Ce vendredi, la bourgmestre faisant fonction de Verviers au moment de la catastrophe, Sophie Lambert, a en effet expliqué n’avoir jamais reçu le mail d’alerte provinciale.

Un nouvel exemple qui fait hurler certains membres de la commission, dont Philippe Dodrimont, qui pointe quant à lui du doigt des différences "nettes" entre la gestion privée et publique lors des inondations.

"Ce qui est évident, c'est que les personnes qui ont géré la crise à partir du mercredi ont fait ce qu'ils pouvaient dans un contexte difficile. Mais on se rend aussi compte que l'énorme problème est qu'il n'y a pas eu d'anticipation", explique-t-il. Au niveau public donc… "Quand on voit que les barrages gérés par le privé (Engie) [NdlR : barrages de Robertville et Butgenbach] ont décidé de se baser sur les prévisions les plus pessimistes pour agir, pourquoi cela n'a pas été le cas dans le secteur public ?"

Interpellant

Entendu vendredi : "Le seul contact que la bourgmestre d'Eupen aurait eu avec le barrage d'Eupen est avec un ingénieur de Bruxelles. Pas de contact non plus avec la direction wallonne de la gestion hydraulique, c'est ahurissant. C'est quand même interpellant d'avoir tous les interlocuteurs qui ne se parlent pas, qui ne font pas le lien, alors que les gestionnaires privés ont, eux, anticipé." Et d'épingler un réel problème au niveau de la coordination du centre de crise wallon…

Sans affirmer que le débordement de la Vesdre aurait pu être évité, que du contraire, le député constate que des gestions différentes ont aussi été constatées d’une commune à l’autre. Citant l’exemple anticipatif de Limbourg, voire de Theux pour certains aspects.

Quant au barrage d'Eupen… "au vu du contrat liant la Wallonie avec la SWDE, on se rend compte qu'on aurait pu vider anticipativement 3 millions de m3 d'eau […]. De plus, quand on analyse l'impact positif de décisions prises par Engie, je me dis qu'il faut revoir notre processus public d'anticipation".

Marc Bechet