Liège : Les magistrats demandent aux policiers de lever le dispositif

Les justiciables et les avocats ont été empêché de rentrer dans le palais de justice jusqu’à 9 h 30

Sarah Rasujew

Ce mercredi matin, une quarantaine policiers avait une nouvelle fois décidé d’empêcher l’accès au palais de justice de Liège. Cette fois, les juges ont décidé de sortir de leur salle d’audience pour demander aux policiers de laisser rentrer les justiciables et les avocats dans le palais de manière à éviter entre-autres des libérations de détenus, mais aussi pour permettre aux personnes d’assister sereinement à des affaires qui les touchent particulièrement.

Une décision qui a fonctionné et qui a permis un déblocage de la situation. "La précédente action n'a eu aucun effet", regrette Fabrice Discry, délégué permanent du SNPS. "Madame Verlinden nous a reçu de manière informelle lundi nous promettant de nous réunir avec une proposition, mais il n'y a rien. Il n'y a aucun moyen budgétaire prévu pour une revalorisation salariale et les barèmes dans les services de police."

C'est la raison pour laquelle, en front commun syndical, les policiers ont décidé de durcir le ton. "Les transferts ont pris plus de retard et les audiences aussi." Devant cette situation, les juges ont décidé de descendre de leur salles d'audiences pour demander aux policiers de laisser entrer les personnes et permettre aux audiences d'avoir lieu. "Nous sommes tombés sur un accord. A 9 h 30, nous avons décidé de laisser l'accès du palais de justice aux avocats et aux justiciables. Mais il faut absolument que Monsieur Van Quickenborne prenne ses responsabilités en tant que Vice-Premier ministre et ministre de la justice et qu'il fasse pression sur le gouvernement pour obtenir des moyens. Si ce n'est pas le cas, nous reviendrons pour faire pression sur ce gouvernement."

Toutefois, les policiers précisent qu'ils refusent que des personnes qui doivent être maintenues en détention puissent être libérées à la suite d'un retard qu'ils auraient provoqué. "En tant que policier, nous ne pensons pas que des personnes pourraient être libérées pour un retard d'une demi-heure. Mais c'est un moyen d'action. Le retard ne pourrait pas servir d'argument pour une libération. En tant que policier, nous sommes bien conscients de la chaîne pénale et nous ne retardons pas les chambres du conseil et d'autres chambres dans lesquelles des détenus pourraient être remis en liberté."

Une réunion est prévue ce lundi entre les syndicats policiers et la ministre Verlinden. En cas d'échec de ces négociations, les policiers ont prévu de revenir au tribunal de Liège, mais pas seulement. "Nous reviendrons et nous allons durcir le ton. Demain, je peux vous confirmer que des actions auront lieu dans toute la Belgique."

Sur le même sujet