Dumping social: il passe 17 semaines dans son camion... et ne reçoit pas son salaire!

La situation a été découverte lors d'un contrôle à Battice, ce lundi après-midi

Dumping social: il passe 17 semaines dans son camion... et ne reçoit pas son salaire!
©D.R.

C'est une histoire qui en rappelle d'autres... lors d'un "banal" contrôle autoroutier ce lundi 20 décembre après-midi, la situation d'un chauffeur ukrainien a été mise au jour. Employé par un sous-traitant polonais du géant allemand du transport routier international Hegelmann, l'homme (Mykola) circulait en effet depuis 17 semaines avec son véhicule et logeait dedans, sur des parkings d’autoroute avec le strict minimum pour se changer et à peine de quoi se nourrir. Le travailleur n’aurait pas perçu aucun salaire depuis 4 mois. "Une honte !", dénonce aujourd'hui la CSC Transcom Liège-Verviers, qui est intervenue...

"C'est de l'esclavagisme moderne pur et simple!", s'exclame Ludo Moussebois, secrétaire régional CSC-Transcom Liège-Verviers. "Comment est-ce possible, au 21e siècle, qu'une telle exploitation puisse encore exister et, a fortiori, en Europe où la règlementation sur le travail et le transport routier est très stricte ? Le travailleur n'a perçu aucun salaire, il recevait de temps en temps 45 euros sur la carte de l'entreprise, le contraignant à devoir faire la manche pour manger !".

Depuis le 1er septembre, Mykola ne serait pas retourné chez lui, explique le syndicat. Il vivait dans son camion. "La règlementation européenne (paquet mobilité) est pourtant claire : tout chauffeur doit bénéficier d'un repos hebdomadaire chez lui ou au siège de l'entreprise toutes les 4 semaines. Depuis 17 semaines, Mykola vit dans son camion"...

La CSC-Transcom dit avoir veillé à loger le chauffeur décemment afin qu’il reprenne des forces et a pris en charge son voyage retour vers l’Ukraine. Par ailleurs, elle a entrepris les démarches auprès du sous-traitant polonais ainsi que de la société utilisatrice, le groupe allemand Hegelmann, afin de récupérer les salaires.

Et de dénoncer "cet exemple abject de dumping social moderne"...

"La CSC-Transcom veut éveiller les consciences", insiste Michel Gretzer, secrétaire permanent CSC-Transcom. "Elle n'a de cesse de dénoncer le dumping social et les conditions inhumaines qui en découlent. Elle va interpeller, encore et encore, le monde politique. Il faut que les Etats se donnent les moyens de faire respecter les règles; il faut absolument renforcer les contrôles"

Outre toutes ces infractions, l’employeur de Mykola n’aurait pas, non plus, payé ses taxes de circulation pour rouler sur les autoroutes belges et le camion ne serait pas en ordre de ceintures de sécurité. Le véhicule a d’ailleurs été saisi par la police de Battice.

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